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De nombreux enfants abandonnent leurs études pour devenir gardiens de leurs frères et sœurs. Pourtant, l’accès à l’éducation de base est un droit légalement garanti par l’État congolais.

Des mamans de Kavumu justifient ce comportement par la dégradation de la situation sécuritaire, qui les pousse à ne pas exposer leurs enfants aux dangers extérieurs. Elles estiment qu’il est plus utile de laisser les enfants à la maison pour veiller sur leurs cadets.

Sifa Muko, mère de cinq enfants dont trois étaient scolarisés, témoigne à Watoto News qu’elle n’a pas eu d’autres choix que d’interrompre la scolarité de ses enfants.

« Je leur ai demandé de rester à la maison pour garder leurs frères car l’insécurité est grandissante. Nous ne savons pas au rythme où va le pays, si l’année scolaire va se terminer ou pas. Comme nos finances sont affectées à la maison, nous ne pouvons pas nous permettre d’engager un domestique, c’est pourquoi nous restons avec nos enfants. »

À l’EP Konge, une école conventionnée protestante de Kavumu qui comptait 430 élèves en octobre 2024, le nombre a chuté à 375 en avril 2025, avec cinquante-cinq abandons, a confirmé à Watoto News le directeur de l’établissement, Mateso Balige.

Du côté, de l’école primaire Cirheja, un reporter de Watoto News s’est informé et constaté que l’école a enregistré plus de 30 abandons d’écoliers. La situation est aggravée par le déplacement des familles et les conditions de vie difficiles.

Certains parents utilisent leurs enfants pour contribuer à la recherche du pain quotidien. Ils envoient ainsi les enfants chercher à manger afin que les mères ne soient pas prises au dépourvu en cas de reprise des hostilités.

Des analystes et des défenseurs des droits des enfants s’inquiètent déjà des conséquences futures pour ces jeunes et appellent le gouvernement à faire preuve de prudence et à suivre les mesures d’application de la loi portant protection de l’enfant qui garanti la scolarisation des enfants, notamment au niveau de l’éducation de base.

Pour Benjamin Bihigi, vulgarisateur de la loi portant protection des droits de l’enfant, il est essentiel que les associations de défense des droits des enfants, les ONG et les journalistes se penchent sur ces questions. Ils doivent continuer à sensibiliser même dans les familles vivant dans les milieux les plus reculés.

Zachee Zawadi, volontaire pour les enfants à Kavumu

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