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En territoire de Kabare, province du Sud-Kivu, l’abandon scolaire des jeunes filles prend une tournure inquiétante.

De plus en plus d’élèves quittent l’école dès le cycle primaire. Ce phénomène est alimenté par plusieurs facteurs: pauvreté des ménages, mariages précoces, poids des tâches domestiques, et stéréotypes culturels qui relèguent les filles au second plan.

Selon des témoignages recueillis par le correspondant de « Watoto News » à Kabare, dans de nombreuses familles, scolariser un garçon est vu comme un investissement, tandis que la scolarisation d’une fille est perçue comme une perte de temps et des moyens, surtout si elle est destinée à se marier jeune. Cette logique prive les filles d’un avenir autonome et les expose à des cycles de dépendance et de vulnérabilité et pourtant la Convention Internationale des Droits de l’enfant stipule en son article 2, la non-discrimination à l’égard de l’enfant. La même convention en son article 28 stipule le droit à l’éducation pour tous les enfants.

Marie, 13 ans, a quitté l’école à 9 ans :

« Un jour, ma tante a dit que je devais commencer à apprendre à être une femme. Elle disait que l’école, ce n’était pas pour nous. J’aimais beaucoup les mathématiques, le français, et plusieurs autres cours. Mais j’ai dû arrêter pour garder les petits et aider à la maison. »

Monsieur Amani, directeur de l’école primaire Tuungane, une école conventionnée musulmane située à Kashenyi, en groupement de Bugorhe deplore ce phénomene:

« Il y a 3 ans, les filles représentaient encore 45 % de nos effectifs. Aujourd’hui, elles sont à peine 25 %. La majorité abandonne dès la 3e ou 4e année. C’est une catastrophe silencieuse. Sans action rapide, nous allons former une génération de femmes analphabètes et dépendantes. »

Le décrochage scolaire des filles à Kabare est un drame silencieux, mais évitable. Des mesures urgentes s’imposent: aides aux familles, sanctions contre les mariages précoces, sensibilisation communautaire, … car chaque fille qui se rend à l’école est une promesse d’avenir pour toute la société.

Pascal Marhegane Ki-Moon (PMK), volontaire pour les enfants à Kabare

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