
La guerre a des consequences au delà des adultes qui se battent. A Kabare au Sud-Kivu, des centaines d’enfants issus de familles militaires se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une détresse alarmante.
Selon des estimations locales, plus de 250 enfants, dont la plupart âgés de 5 et 15 ans, seraient concernés par cette situation.
Joseph Kuyela, coordonnateur de l’asbl AJEEM, une association qui encadre des jeunes et des enfants des familles militaires en territoire de Kabare, plaide pour le soutien en vivres et non-vivres pour ces enfants délaissés. Il appelle à l’aide pour les enfants dont les parents sont tombés au front et ceux abandonnés par leurs familles en cette période difficile.
« Certains vivent chez des voisins ou des personnes de bonne volonté, mais ceux-ci commencent également à se sentir accablés par cette charge. D’autres ont même abandonné leurs études à cause de la faim. Ils n’ont pas de contacts avec leurs pères. Cela fait que plusieurs d’entre eux se livrent a toute sorte de travail , vendant des articles pour des particuliers dans les rues de Miti, Mudaka, Kavumu… Parmi eux, nombreux sont orphelins. Nous prions les organisations humanitaires de venir en aide à ces enfants », a déclaré le jeune coordonnateur de l’AJEEM.
Selon Joseph Kuyela, les jeunes filles sont encore plus exposées aux maladies sexuellement transmissibles.
« Des petites filles échangent leur corps contre de l’argent ou des biens comestibles. D’autres sont traumatisées par la situation sécuritaire actuelle dans la région, ce qui les pousse à se cacher. »
D’autres témoignages indiquent que plusieurs de ces enfants issus des familles militaires à Kabare dorment à la belle étoile.
« J’ai trouvé deux enfants qui dormaient sous un arbre, sans couverture et affamés », raconte une habitante de Malalo, dans le groupement de Mudaka.
« Je fais ce que je peux pour les nourrir, mais nous manquons nous-mêmes de tout », ajoute-t-elle.
Sans prise en charge, ces enfants vivent dans des conditions précaires, exposés aux maladies et à la malnutrition, mais aussi à de graves risques d’exploitation.
« Ce sont des enfants traumatisés ; certains ne parlent plus. Ils ont besoin de soins, d’écoute et surtout d’un minimum de stabilité. Beaucoup d’entre eux ne viennent plus à l’école », alerte un chef d’établissement scolaire de Miti.
Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour enfants à Kabare
