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La fête de Pâques s’est déroulée dans un calme inhabituel cette année à Nyamakana, l’un des villages du groupement de Bugorhe, dans la partie Nord du territoire de Kabare au Sud-Kivu.

Dans plusieurs villages, les enfants n’ont pas fêté comme auparavant. La crise sécuritaire, le manque d’argent chez leurs parents et une certaine psychose au quotidien ont fait taire chants et réjouissances.

Ansima, 31 ans, mère de quatre enfants, vit seule depuis que son mari est parti chercher du travail à Kalemie. Ce dimanche de Pâques, elle a préparé une simple bouillie de sorgho, sans sucre pour ces enfants.

« On avait honte. Même les voisines n’ont rien préparé. Pas un chant, pas un œuf pour les enfants. » déclare-t-elle.

La tradition voulait que les enfants parcourent le village, maison après maison, pour manger et jouer avec les autres. Cette année, les portes sont restées fermées dans certains coins.

« Moi j’ai dix ans. Avant, à l’occasion de Pâques, on nous donnait à manger et on jouait. Aujourd’hui, tout le monde avait faim. Même les grands ne parlaient pas ! », murmure Moïse, le regard dans le vide.

Mais ailleurs, à quelques kilomètres de là, l’assiette n’est pas remplie certes, mais certains adultes et enfants ont respecté la tradition pascale.

À Kavumu Centre, Justin, âgé d’une quarantaine d’années, sort de la messe de Pâques avec sa femme et ses trois enfants. Ils montent à bord de leur petite voiture, direction un coin tranquille pour célébrer.

« On a tenu à aller prier ensemble puis partager un petit repas, même modeste. Pâques reste une fête d’espérance. On ne peut pas l’effacer complètement, malgré la situation difficile. » dit-il.

Dans le territoire de Kabare, Pâques ne s’est pas fêtée de la même manière partout. Pour certains, elle s’est tue. Pour d’autres, elle a survécu dans la foi, la simplicité et le besoin de transmettre un peu de joie aux enfants.

Dans cette tension entre silence et lumière, une chose demeure : le désir de vivre malgré tout.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants à Kabare

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