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A Bukavu au Sud-Kivu, l’enfant Nshokano Cizungu vend des œufs pour soutenir sa famille. Une situation assez fréquente au sein des familles vulnérables, et qui pousse les enfants à faire des emplois d’adultes pour aider leur famille.

À seulement 8 ans, Nshokano jongle entre école et travail. Dans un entretien nous accordé, celui-ci affirme qu’il commence sa journée à 7 heures par l’école, et rentre chez lui à 13h.

Élève en 3eme primaire au complexe scolaire Umoja, il ne connaît pas de répit. Après l’école, il vend des œufs jusqu’à 22h, même les dimanches. Aucun jour de repos.

Je mets de côté l’argent que je gagne pour aider ma mère à payer mes vêtements et mes frais scolaires. C’est notre manière de survivre,” affirme-t-il.

Fils de maçon et d’une mère sans emploi, Nshokano fait face à des défis considérables à son âge, notamment le vol de ses marchandises. Malgré tout, il voit son travail comme une opportunité.

Beaucoup me soutiennent parce qu’ils me trouvent trop jeune pour ce travail, mais nous n’avons pas le choix,” insiste-t-il.

Celui-ci ajoute que son frère aîné de 11 ans partage son fardeau, travaillant parfois avec lui pour assurer leur sécurité mutuelle.

Cependant, cette réalité contraste avec l’article 32 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui stipule : «Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social

L’histoire de Nshokano est poignante, mais malheureusement, elle n’est pas unique. Au Sud-Kivu, des milliers d’enfants sont contraints de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille, privés d’une éducation et d’un épanouissement dignes de ce nom.

Des rêves brisés par la pauvreté

Nshokano rêve de devenir médecin, mais il sait que son avenir est incertain. L’argent qu’il gagne lui permet de payer une partie de ses frais scolaires et d’aider sa famille, mais il est conscient que ses chances de poursuivre ses études sont compromises par son travail.

Cette histoire illustre à la fois la résilience et les défis auxquels font face de nombreux enfants dans des contextes économiques difficiles, mettant en lumière la nécessité d’une action pour garantir leurs droits fondamentaux.

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