Le projet « Réponse d’urgence en éducation pour l’amélioration des conditions d’accès et maintien de 5.000 enfants et adolescents (filles et garçons) déplacés et retournés, en situation d’urgence, affectés par les différentes crises humanitaires, dans 16 écoles dans le territoire de Fizi » tend vers sa fin. Dans un entretien avec Watoto News, le chef de ce projet d’urgence, Titi Maguangasa, revient sur les réalisations de ce projet, mais également les défis qui restent à la suite de son exécution.
Interview
Watoto News : Bonjour Monsieur. Sur quoi a porté le projet d’urgence en éducation que vous avez effectué ici à Fizi
Titi Maguangasa : Bonjour Monsieur le journaliste. Ce projet appuyé par l’UNICEF dans le secteur de l’éducation d’urgence, c’est pour améliorer les conditions de l’éducation et surtout dans le cadre de l’accès de 5.000 enfants à l’éducation et leur maintien à l’école, mais aussi la bonne gouvernance et la qualité de l’éducation.

WN : Et quelles sont les activités que vous avez menées dans le cadre de ce projet ?
Titi : Nous avons tout un paquet d’activités que nous avons eu à mettre en œuvre dans le 2 sous-division de Fizi 1 et 2. Il y a premièrement la distribution des kits élèves pour plus de 5.000 élèves qui étaient prévus. Il y a aussi la distribution des kits récréatifs dans les 16 écoles qui ont été ciblées. Il y a la distribution des kits enseignants dans les 16 écoles toujours. Et puis nous avons aussi distribué les kits d’hygiène intimes.
Et puis il y a aussi l’installation des clubs de paix dans les écoles. Le projet nous a aussi facilité avec les formations des enseignants dans différents thèmes, et 141 enseignants ont suivi. C’est notamment sur l’appui psychosocial, la prévention contre l’exploitation et abus sexuels, mais aussi la consolidation de la paix. Et il y avait une autre formation qui a facilité les enseignants à élaborer un plan d’amélioration de l’environnement scolaire. À part ça, nous avons aussi encadré les enfants dans le cadre des cours de rattrapage. Nous venons d’atteindre 3504 enfants qui ont suivi les cours de rattrapage.

WN : Est-ce qu’il y a des bâtiments qui ont aussi été construits dans le cadre de ce projet ?
Titi : Exactement, il y a 4 ETA installés, donc espaces temporaires d’apprentissage. Au sein de l’école là, nous avons installé quatre classes en semi-durables, c’est à dire en planche, et la toiture en tôles. Et on a aussi doté dans chaque salle de classe des pupitres et des tableaux noirs.
A part ces ETA, il y a aussi 12 latrines, qui sont prévues pour accompagner les ETA. Il y a huit que nous allons appuyer là où nous venons de construire les ETA. Et puis les quatre, nous allons aussi appuyer certains établissements qui ont un petit souci par rapport aux latrines.
WN : Ce projet d’urgence est venu répondre à quel problème ici dans la zone de Fizi ?
Titi : Ce projet est venu pour renforcer et appuyer dans le secteur de l’enseignement, premièrement par rapport à la qualité de l’enseignement. Donc améliorer un peu la qualité de l’enseignement dans la partie Fizi ici.
Et cette qualité est suivie par la bonne gouvernance avec tout ce que nous avons eu à former les enseignants par rapport à l’appui psychosocial, la prévention contre l’exploitation et abus sexuels. Donc l’accès, la qualité et la bonne gouvernance dans les trois piliers là.

WN : Le projet est exécuté depuis quand et vous êtes à quelle étape ?
Titi : Nous sommes presque en fin projet. Le projet a pris une échéance de six mois d’exécution. Nous avions commencé au mois d’août, maintenant nous sommes presque à la fin. Donc aujourd’hui il est 31 janvier, et vers fin février il sera clôturé. Tout est déjà presque fini.
WN : Est-ce que vous êtes satisfait des réalisations de ce projet ?
Titi : Vraiment nous sommes satisfaits mais nous rappelons à notre partenaire Unicef qu’il y a assez de gaps. Le territoire de Fizi a d’énormes besoins. Même les autorités nous ont recommandé de voir la possibilité de renouveler encore le même projet parce qu’il y a assez de demandes. Et surtout ce que nous venons de réaliser il n’y avait que 16 écoles. Or le grand territoire de Fizi qui a au moins trois sous-divisions a plus de 200 écoles. Alors qu’il y a une grande partie de ces écoles-là qui ont besoin de ces interventions, de cette assistance-là.
Donc on a besoin vraiment de renouveler dans certains axes qu’on nous a demandé de voir comment la possibilité de les assister aussi parce que c’est vraiment nécessaire d’atteindre aussi ces enfants-là vulnérables qui ont besoin aussi d’avoir cet accès et que leur niveau scolaire soit amélioré.

WN : Vous parlez des enfants vulnérables ici dans la zone de Fizi où l’insécurité qui cause les déplacements de population. Est-ce qu’il y a des enfants déplacés qui ont bénéficié de ce projet ?
Titi : Oui, d’ailleurs le mobile de ce projet ici, a été motivé par d’abord ces enfants touchés par les crises humanitaires, entre autres les déplacés. Bien qu’on ne devrait pas nécessairement couvrir les déplacés seuls mais comme ils sont avec la population haute, que ce soit les élèves qui ont accueilli leurs amis déplacés, eux aussi on devrait quand même leur donner cette opportunité de les doter en différents kits.
WN : Quelle est votre recommandation aux bénéficiaires de ce projet, notamment les enseignants ?
Titi : Nous leur demandons de pouvoir bien capitaliser ce que nous venons de les instruire et puis de consolider davantage ce qu’ils ont reçu. Donc l’acquis là, de les conserver jalousement parce que ça fait partie de leur expertise, donc ça va les aider à bien continuer leur parcours dans le cadre de l’enseignement.
Dans la zone il y a tellement des mouvements, des vagues déplacées, et elle continue à être affectée par différentes crises.

Avec l’enseignement que nous venons de dispenser aux enseignants et les chefs d’établissement, par rapport à la consolidation de la paix, ces acquis-là. Nous aimerions bien que les bénéficiaires qui ont reçu cette formation, la mettent en pratique pour l’intérêt général de la communauté dans le territoire des Fizi.
WN : Merci beaucoup.
Titi : Je vous remercie.
Propos recueillis par Museza Cikuru et Narcisse Muambusa
