0 3 minutes 8 mois

Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) dit avoir observé une augmentation des recrutements d’enfants au sein des groupes armés, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ces derniers mois.

Selon cette organisation humanitaire, ces enfants sont âgés de 9 à 18 ans, et sont enrôlés de force, ou bien rejoignent les groupes armés pour gagner de l’argent.

Anne-Sylvie Linder, cheffe de la sous-délégation du CICR à Goma, contactée par RFI, déplore le manque de système de protection des enfants, suite notamment aux hostilités qui ont repris le mois dernier, entre les FARDC et le M23.

« Quand les hostilités reprennent, il y a une augmentation du recrutement de la part des porteurs d’armes. Si on compare les deux dernières années, on a une augmentation, quasiment de 40 %. On a des enfants dans le territoire de Rutshuru, notamment, qui n’ont pas été dans le milieu scolaire, depuis plus de deux ans. Par conséquent, tout ce système protecteur n’existe plus et il favorise aussi le fait que ces enfants cherchent une source de revenus pour soutenir leur famille,» indique-t-elle.

Et d’ajouter : « Dans ce conflit-là, comme dans d’autres d’ailleurs dans le monde, c’est aussi, quelque part, avoir un statut social dans la communauté. C’est cette corrélation entre la présence d’acteurs armés et la présence de civils qui sont en déplacement qui fait qu’on a aussi une augmentation de violences basées sur le genre et le sexe transactionnel. Et donc, il y a toujours, là aussi, ce facteur économique de survie. C’est un problème très complexe qui doit être abordé dans l’urgence mais aussi sur le plus long terme pour favoriser cette protection qu’a le milieu scolaire et le milieu familial pour freiner, en fait, ce recrutement,» insiste Anne-Sylvie Linder.

Notons que l’article 71 de la loi 09/001 du 10 janvier 2009 stipule que l’enrôlement et l’utilisation des enfants dans les forces et groupes armés, ainsi que dans la Police, sont interdits.

La même loi, consultée par Watoto News, précise que l’Etat assure la sortie de l’enfant enrôlé ou utilisé dans les forces et groupes armés ainsi que
dans la Police, et s’occupe de sa réinsertion en famille ou en communauté.

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.