Ce lundi 7 juillet 2025, l’équipe d’ Ecole Amie des Enfants (EAE) déployée par ODH avec l’appui de l’UNICEF a poursuivi avec sa campagne de sensibilisation dans les établissements scolaires de Katana en territoire de Kabare.
Des élèves bien informés, s’engagent
L’objectif principal de cette initiative est d’informer les élèves sur les mesures d’hygiène essentielles pour prévenir la propagation de la Mpox (variole simienne) et du choléra.
Aksanti Murhula Emmanuel, élève en 5ème année à l’EP1 Mwanda, a compris que la Mpox est dangereuse:
« J’ai compris que la Mpox est une maladie qui vient du singe et qui tue beaucoup de personnes. J’ai aussi compris que quand on revient de la route, il faut se laver les mains avec du savon, il ne faut pas saluer beaucoup de gens, et quand on trouve en cours de route ou dans la brousse un animal mort, il ne faut pas le toucher. Pour éviter la Mpox, il faut éviter la saleté, se laver les mains à tout moment, et se laver le corps chaque fois avec du savon. »

Bahati Muganza Victory, élève en 6ème année primaire à l’Ecole Primaire Mwanda Garçons est fier de tout ce qu’il a appris sur la prévention de la Mpox grâce aux équipes EAE :
« J’ai compris qu’il ne faut pas manger sans se laver proprement les mains, il ne faut pas toucher ou manger la viande d’animaux morts dans la forêt, et si on a salué quelqu’un, il faut se laver les mains pour éviter d’être contaminé. Pour les mamans qui ont des bébés, il faut toujours se laver les mains avant d’allaiter. Si tu sors des toilettes, il faut aussi se laver les mains. »
Chikuru Biraika Daniella, jeune écolière du même établissement, retient l’importance de l’hygiène :
« J’ai appris que le choléra tue beaucoup de personnes, et pour éviter cette maladie, quand tu sors des toilettes, quand on veut manger, et même pour les femmes avec des enfants, avant d’allaiter, il faut toujours se laver les mains avec du savon ou de la cendre. »
Ces trois élèves qui se sont exprimés chez Watoto News s’engagent à sensibiliser d’autres élèves et adolescents dans leurs localités.

Elie Lusangi, agent de terrain EAE pour la sous-division éducationnelle Kabare 2, explique que malgré un contexte difficile, ils sont là pour la protection des enfants
« C’est une campagne d’urgence pour sensibiliser à la lutte contre la Mpox et le choléra malgré le contexte sécuritaire difficile ici à Katana ».
La sensibilisation a touché plus de 15 écoles de la région précise-t-il insistant sur un niveau d’organisation qui facilite l’accès aux cibles.
« Nous nous sommes répartis en axes selon nos effectifs, chacun ayant un certain nombre d’écoles à sensibiliser, » précise-t-il.
Selon Lusangi , les élèves ont été informé sur l’origine de la Mpox, l’importance de se protéger contre cette maladie et les mesures préventives spécifiques à adopter. « L’objectif est clair , faire en sorte que les enfants prennent conscience du danger de ces deux maladies et sachent comment se protéger », affirme M. Lusangi.
Les directeurs d’école témoignent des défis et des impacts
Au-delà des échanges avec les enfants, les équipes EAE ont également sensibilisé les chefs d’établissements sur la gestion des cas potentiels. « Si un cas se présente chez un enfant, ils doivent l’identifier et communiquer avec les parents pour les amener au centre hospitalier le plus proche », conclut Lusangi.

Libaku Sirire Adolphe, Directeur de l’école primaire Amana (conventionnée islamique) à Irambi Katana, partage son expérience.
« Après la formation, j’ai acquis des notions sur la Mpox que j’ignorais auparavant, » témoigne M. Sirire.
Son école a récemment enregistré deux cas de Mpox (un élève de 3ème année et un de 6ème année).
« Mon premier réflexe a été de communiquer avec les parents, et ensemble, nous avons emmené ces enfants à l’hôpital de Lwiro pour leur prise en charge. Heureusement, ils ont été bien reçus et sont maintenant guéris. », déclare avec fierté Mr Sirire. Ainsi les connaissances acquises lui ont permis de prendre des dispositions pour mieux protéger les élèves.
La sensibilisation des équipes EAE a également joué un rôle crucial dans la réintégration des élèves gueries de la Mpox : « Cela a donné un coup de pouce sur la manière dont ces enfants devraient réintégrer l’école sans subir de moqueries ou de stigmatisation. Tous les élèves sont bien sensibilisés et savent déjà comment réagir face à cette maladie. », ajoute avec fierté le directeur Libaku Sirire Adolphe de l’école primaire Islamique Amana.
Il précise cependant des défis majeurs qui subsistent : « Parmi les difficultés que nous rencontrons, il y a l’insuffisance de lave-mains et même de savon. Alors que nous sensibilisons les enfants à toujours se laver les mains, nous manquons de matériel pour mener à bien cette lutte».
Kasarabwe Minani Jean Marie, Directeur de l’EP Murundu 2 Katana, qui accueille plus de 270 élèves, souligne également les obstacles.
« Les conditions de vie de notre école posent des problèmes majeurs pour lutter contre cette maladie, » explique M. Kasarabwe. Outre les bâtiments inadaptés et l’insécurité, il déplore « l’absence de matériel spécialisé pour lutter contre la Mpox et le choléra. »
Son école a également enregistré des cas de Mpox. « Les enfants suivent les traitements et viennent en même temps ici pour passer leurs examens, car l’année touche à sa fin. »
Grâce à la formation reçue, il a pu réagir rapidement : « Ayant suivi la formation, quand j’ai eu ce cas, j’ai vite appelé les parents, et nous leur avons parlé de la maladie, de ses signes et de la manière de réagir. Le premier réflexe a été de les amener à un centre hospitalier à Lwiro. »
Sœur Berte Nsibula, Directrice de l’EP 2 Mwanda Fille de Katana, qui encadre plus de 820 élèves, exprime sa gratitude pour ODH et EAE ainsi que l’UNICEF.
« Grâce aux nombreuses visites des agents de EAE, nous avons été informés sur comment se protéger de la Mpox et du choléra. Nous savons déjà l’importance du lavage des mains, car « ces deux maladies se transmettent par les mains sales. », déclare Madame Nsibula.
Et d’ajouter, les élèves ont été rappelé à l’importance du respect des règles d’hygiène à la maison comme à l’école, ce qui est « déjà le début de la lutte contre cette maladie qui fait des ravages, surtout chez les enfants de notre communauté. »

Cependant, des contraintes freinent ces efforts : « Je pense que c’est l’absence de lave-mains qui peut freiner cette lutte. Nous aussi, nous voulons cultiver cette habitude chez les enfants, mais nous sommes limitées. Se procurer ces matériels nous-mêmes n’est pas une tâche facile, vu le contexte dans lequel nous fonctionnons, notamment la guerre, etc. » , ajoute-t-elle.
Elle note qu’un robinet est disponible près des toilettes, mais cela expose davantage les élèves. « Il faut du matériel, des lave-mains pour faire de ces pratiques d’hygiène une habitude. »
Avant les affrontements armés de février 2025, l’établissement a recensé 9 cas de Mpox et un cas récent de choléra. « Ces enfants ont été renvoyés à la maison pour ne pas exposer les autres, en collaboration avec les parents. Certains ont suivi des soins à Lwiro et d’autres à Fomulac Katana. Une fois guéris, nous leur avons dit de rester d’abord à la maison en attendant qu’ils se rétablissent complètement puis ils ont réintégré l’école. »
Visiblement cette campagne de sensibilisation a un impact positif à Katana sur la connaissance des élèves et des directeurs d’école concernant la Mpox et le choléra.
Gabriel CUBAKA, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
