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Comment utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir la paix au lieu de propager les divisions ? C’est autour de cette réflexion que plusieurs artistes, créateurs de contenus et jeunes engagés de Bukavu ont pris part, lundi 11 mai 2026, à une master class intitulée « Du clic à l’action », une initiative du consortium OPADEC-Medias for peace.

Réunis au Centre Culturel Ndaro à Bukavu, plusieurs artistes, créateurs de contenus sélectionnés ont participé à une séance de renforcement des capacités axée sur la paix, la cohésion sociale et l’utilisation du numérique comme outil de sensibilisation communautaire.

Selon Annie Bindja, coordonnatrice de l’OPADEC, cette initiative vise à encourager le passage du message virtuel à l’action concrète dans la société.

« Nous venons de lancer aujourd’hui l’initiative “Du clic à l’action” qui vise à renforcer la promotion de la paix et de la cohésion sociale à travers les plateformes numériques en utilisant l’art »,

a-t-elle expliqué.

Au cours de cette master class, plusieurs modules ont été développés, notamment les notions de base sur la paix et la cohésion sociale, la communication sensible aux conflits, le rôle de l’art dans la consolidation de la paix, l’utilisation du numérique ainsi que le storytelling.

Pour les organisateurs, l’objectif principal est de réduire les discours de haine, les stéréotypes et les contenus qui alimentent la division sur les réseaux sociaux.

« L’objectif, c’est de voir comment réduire le discours de haine, la polarisation mais également les stéréotypes qui circulent sur les plateformes numériques »,

a précisé Annie Bindja.

Elle a également insisté sur la volonté de transformer les messages diffusés en ligne en comportements positifs dans la vie quotidienne.

« On voudrait qu’à travers cette initiative, si une personne tombe sur un contenu qui fait passer un message de paix ou de cohésion sociale, qu’elle puisse réellement le mettre en pratique dans son environnement »,

a ajouté de son côté Mitterrand Rukozo, coordonnateur de Médias for peace.

Des artistes décidés à utiliser leur art pour unir

Parmi les participants, plusieurs artistes ont salué l’initiative et exprimé leur volonté d’utiliser désormais leurs œuvres pour promouvoir la paix et le vivre-ensemble.

C’est le cas de Bonheur Antony Chukas, artiste slameur et dramaturge, qui affirme avoir découvert l’impact que peuvent avoir les réseaux sociaux dans la diffusion des messages positifs.

« Je suis ce genre d’artiste qui ne travaille pas trop avec les réseaux sociaux, mais je viens de constater qu’à travers les réseaux je peux plus impacter par rapport à des spectacles que je fais dans des salles »,

a-t-il déclaré.

L’artiste estime également que les mots peuvent autant construire que détruire une communauté.

« J’ai appris qu’à travers ma parole et à travers le slam, je peux changer, mais aussi détruire. Je dois donc utiliser mes mots pour renforcer la cohésion sociale et la paix »,

a-t-il expliqué.

À l’issue de cette formation, il affirme vouloir partager les connaissances acquises avec les artistes qu’il encadre afin de renforcer l’engagement collectif des jeunes dans la recherche de la paix.

« On ne peut pas avoir la paix si on laisse une partie de la jeunesse lutter seule pour cette paix »,

a-t-il insisté, appelant les jeunes à s’impliquer davantage contre le tribalisme et les divisions sociales.

L’art comme moyen de guérison sociale

Présente également à cette master class, Paola Furaha Mpara, artiste musicienne et étudiante en médecine, considère l’art comme un outil capable de guérir les blessures causées par les conflits et les traumatismes.

Selon elle, cette activité lui a permis de renforcer ses capacités sur l’utilisation de l’art au service de la paix et de la cohésion sociale.

« Personnellement, l’art sert à unir. Elle sert à guérir »,

a-t-elle déclaré.

À travers sa musique et ses créations, la jeune artiste affirme vouloir contribuer à la reconstruction sociale et émotionnelle des communautés affectées par les violences et les divisions.

« En tant qu’artiste, je cherche à guérir les plaies causées par les traumatismes, les divisions et la guerre. Je suis là en tant que panseur »,

a-t-elle ajouté.

Les participants ont ainsi été encouragés à produire des contenus responsables et porteurs de messages positifs afin d’utiliser les plateformes numériques comme des espaces de sensibilisation, de dialogue et de promotion du vivre-ensemble.

À travers cette initiative portée par OPADEC et Médias for Peace, les participants ont été formés sur l’utilisation de l’art et du numérique comme outils de lutte contre les discours de haine et de promotion de la cohésion sociale.

Pour le compte de Media for peace, on a également noté la présence des responsables de Free media, de la radio RCCK, de Jua RDC et de Watoto News pour marquer leur accompagnement à l’initiative du « clic à l’action ».

Gabriel Cubaka Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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