
Dans plusieurs ports du territoire d’Idjwi, des enfants abandonnent progressivement le chemin de l’école pour passer leurs journées dans les « bottes » du Lac Kivu, où ils sont exposés à de multiples dangers et à l’exploitation des adultes.
Lors d’une visite effectuée dans les ports de Monvu et Kashofu, l’éducateur Blaise Ngabo s’est dit profondément choqué par la situation que vivent plusieurs mineurs de cette île du Sud-Kivu. Selon lui, de nombreux enfants quittent les bancs de l’école dans l’espoir de gagner un peu d’argent au bord du lac, au détriment de leur sécurité et de leur avenir.
« Un garçon devrait être en classe à l’EP Kashofu ou à l’EP Monvu, mais il passe sa journée dans une botte »,
déplore-t-il avec émotion.
Il alerte notamment sur les risques permanents auxquels ces enfants sont confrontés, notamment la noyade, les maladies liées à l’eau insalubre, ainsi que l’exploitation économique.
D’après cet éducateur, plusieurs de ces enfants travaillent sans protection adéquate sur le lac, parfois pour moins de 1 000 francs congolais par jour. Une situation qu’il qualifie d’illégale et contraire aux dispositions du Code du travail ainsi qu’à la loi congolaise portant protection de l’enfant, laquelle interdit aux mineurs de moins de 18 ans d’exercer des activités dangereuses, notamment sur le lac.
Outre les dangers physiques, Blaise Ngabo insiste également sur les conséquences sociales de ce phénomène. Selon lui, l’abandon scolaire prive ces enfants de toute perspective d’avenir et entretient le cycle de la pauvreté dans les communautés riveraines.
Face à cette situation, il appelle les acteurs du secteur éducatif à renforcer le suivi des enfants absents de l’école et à sensibiliser davantage les familles sur l’importance de l’éducation. Il invite également les autorités locales et nationales à faire appliquer les lois protégeant les enfants et à sanctionner les personnes qui les exploitent dans les activités lacustres.
« Un enfant au lac, c’est un pays qui coule ; un enfant à l’école, c’est un Congo qui se relève »,
martèle-t-il.
L’éducateur exhorte enfin les parents à jouer pleinement leur rôle dans l’encadrement et la protection de leurs enfants, rappelant que l’éducation commence d’abord au sein de la famille.
Par Lucien Cubaka volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
