
Les sages-femmes de la province du Nord-Kivu alertent sur les multiples difficultés auxquelles elles font face dans l’exercice de leur profession. Ces prestataires de santé évoquent notamment les décès maternels signalés dans plusieurs structures sanitaires de la province.
Selon les données de surveillance épidémiologique, les 34 zones de santé du Nord-Kivu ont enregistré plus de 100 cas de décès maternels durant les 16 premières semaines de l’année 2026. Une situation jugée à la fois alarmante et préoccupante par les sages-femmes rencontrées à Goma.
Contacté à ce sujet ce lundi 11 mai 2026, la secrétaire provinciale des sages-femmes, Perle Biray Ruzuba, explique cette situation par plusieurs défis auxquels cette catégorie du personnel soignant est confrontée. Elle parle notamment le contexte d’insécurité, les faibles rémunérations ainsi que les mauvaises conditions de travail dans plusieurs structures de santé.
Elle appelle les autorités ainsi que l’ensemble de la communauté à mieux valoriser le métier de sage-femme, qu’elle considère comme essentiel dans la protection de la vie des mères et des nouveau-nés.
De son côté, la secrétaire provinciale du Syndicat national des sages-femmes du Congo, Pimbi Machozi, plaide pour l’intégration des sages-femmes dans les instances de prise de décision.
Selon elle, cette implication permettrait d’améliorer les orientations liées à leur déploiement dans les structures sanitaires ainsi que dans les interventions humanitaires.
« Nous faisons un plaidoyer auprès des autorités pour venir nous écouter. Nous avons des sages-femmes compétentes, capables de nous représenter dans différentes instances »,
a-t-elle déclaré.
Les sages-femmes jouent un rôle majeur dans l’accompagnement des femmes enceintes, l’accouchement et le suivi des mères ainsi que des nouveau-nés. Malgré cette importance, elles estiment que leur travail reste insuffisamment reconnu et soutenu.
Par Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
