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Dans plusieurs villages du groupement de Mbinga-Sud, le processus d’identification des ménages bénéficiaires de l’assistance du Programme alimentaire mondial suscite de vives préoccupations autour de la situation des enfants.

Depuis le 29 avril 2026, des familles préalablement ciblées par le Bureau Développement Communautaire-Anglican (BDC-A) sont soumises à une opération de vérification conduite par l’organisation CH-ACDD. Cette étape, communément appelée « scoping », impose aux parents de se présenter physiquement avec tous les membres du ménage afin de confirmer leur enregistrement pour l’assistance alimentaire.

Sur le terrain, cette procédure entraîne d’importants déplacements pour de nombreuses familles vivant dans des zones éloignées. Des enfants parcourent plusieurs kilomètres à pied aux côtés de leurs parents, parfois sans avoir mangé, afin d’atteindre les sites d’identification.

Dans plusieurs centres, de longues files d’attente sont observées pendant des heures dans des espaces peu aménagés pour accueillir les plus jeunes. Exposés au soleil, à la pluie et à la fatigue, certains enfants peinent à supporter ces conditions, selon plusieurs témoignages recueillis sur place.

« Les enfants restent debout depuis le matin. Beaucoup sont fatigués et n’ont même pas eu le temps de manger avant de venir », raconte un habitant de la zone.

Cette situation intervient également en pleine période des examens hors session, obligeant certains élèves à manquer momentanément les cours ou les épreuves afin d’accompagner leurs familles dans le processus de vérification.

Au-delà de l’épuisement physique, des parents évoquent aussi une pression psychologique sur les enfants, confrontés à l’incertitude et à des regroupements prolongés sans encadrement adapté.

Des incidents sont également signalés dans certaines localités. Selon des sources communautaires, un parent parti récupérer ses enfants à Idjwi dans le cadre du scoping aurait perdu l’un d’eux au cours du déplacement. D’autres cas d’accidents sur le trajet sont également rapportés par des habitants.

« L’aide est importante pour les familles, mais les conditions dans lesquelles les enfants passent cette étape deviennent difficiles pour eux », déplore un parent rencontré sur place.

Dans plusieurs villages, des habitants estiment également que le processus actuel ne tient pas suffisamment compte de la vulnérabilité des enfants vivant déjà dans un contexte marqué par la précarité alimentaire et les difficultés d’accès aux services sociaux de base. Certains parents affirment avoir passé toute une journée sur les sites sans possibilité pour les enfants de se reposer convenablement.

Des acteurs communautaires plaident ainsi pour une meilleure organisation des opérations humanitaires impliquant les enfants. Ils suggèrent notamment la multiplication des sites d’enregistrement afin de limiter les déplacements, mais aussi une planification plus adaptée aux réalités des familles vivant dans des zones enclavées.

Face à cette réalité, plusieurs habitants appellent les acteurs humanitaires à adapter davantage les opérations d’assistance aux besoins spécifiques des enfants. Ils recommandent notamment la réduction du temps d’attente, l’installation d’espaces protégés, l’accès à l’eau potable ainsi que la mise en place de dispositifs de premiers secours sur les sites d’enregistrement.

Pour de nombreuses familles, ces ajustements permettraient de garantir que les opérations humanitaires destinées à soutenir les communautés vulnérables ne deviennent pas elles-mêmes une source supplémentaire de difficultés pour les enfants.

Freddy Mbingu et Yseult Lwango,volontaires pour les enfants et les jeunes.

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