
Les autorités éducatives de la province éducationnelle Nord-Kivu 2 ont lancé un appel aux enseignants en grève dans les villes de Beni et Butembo, les invitant à reprendre les activités scolaires, au regard des avancées enregistrées dans le traitement de leurs revendications, notamment celles liées au paiement des salaires.
Cet appel a été formulé par le chef intérimaire de la province éducationnelle Nord-Kivu 2, Tsongo Makewa, au cours d’un entretien accordé ce jeudi. L’autorité s’est dite préoccupée par la manière dont le mouvement de grève a été enclenché, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle préalable.
> « Jusqu’à présent, aucun document officiel ne m’a été transmis annonçant une quelconque grève. Nous l’apprenons à travers les réseaux sociaux, alors que les enseignants sont restés à la maison », a-t-il déploré.
Selon lui, la principale revendication des enseignants, relative au retard de paiement des salaires, est en voie de résolution. Il précise que les opérations de paiement ont débuté depuis le mercredi 15 avril, une évolution qu’il considère comme un motif suffisant pour suspendre le mouvement de grève.
> « La réclamation portait sur le retard dans la perception des salaires. Maintenant que le paiement a commencé, il n’y a plus de raison de rester à la maison. Nous appelons les enseignants à faire preuve de responsabilité afin de préserver le calendrier scolaire », a-t-il insisté.
Depuis le début de la semaine, les enseignants de Beni et Butembo observent un mouvement de grève pour dénoncer la dégradation de leurs conditions socio-professionnelles.
À Butembo, le mot d’ordre de grève a été lancé par le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO), section locale. Les enseignants y dénoncent notamment le retard de paiement des salaires des mois de février et mars, le non-respect du salaire annoncé de 500 dollars, ainsi que la non-prise en charge des nouvelles unités et des enseignants non mécanisés. Ils évoquent également des préoccupations liées aux retenues opérées en vue de la retraite.
À Beni, l’intersyndicale regroupant le SYNECATH, le SYNEEP et le SYECO a décrété une grève illimitée depuis le lundi 13 avril. En plus des revendications salariales, ces syndicats exigent la libération de deux de leurs collègues détenus à la prison centrale de Beni-Kangbayi. Ces derniers ont été condamnés pour des faits de torture sur deux élèves de l’école primaire Lintumbe, à Mutwanga.
Dans ce contexte, la situation reste tendue entre les autorités éducatives et les syndicats d’enseignants, chacun campant sur ses positions, tandis que les activités scolaires demeurent perturbées dans plusieurs établissements.
Dieu-Merci Mumbere,volontaire pour les enfants et les jeunes
