
Dans un point de presse organisé par l’Association des Femmes des Médias (AFEM), tenu ce mercredi 18 mars 2025, les femmes et les filles du Kivu ont brisé le silence pour réclamer leur implication dans le processus de paix.
Au total, 50 femmes et jeunes filles venues du Nord et du Sud-Kivu, membres d’associations féminines œuvrant pour la paix, se sont retrouvées à Bukavu afin d’analyser la participation des femmes dans les différents processus de négociation de paix.
Pendant trois jours d’atelier, les participantes ont discuté des différents accords et mécanismes de paix, identifié leurs limites et proposé des pistes de solutions.

« Il y a beaucoup de processus et de mécanismes de paix en RDC. Le constat est amer : les femmes brillent par leur absence. Il manque toujours une pièce importante dans tous les accords que nous avons consultés, et cette pièce, c’est la femme. Pourtant, les femmes et les jeunes filles sont les premières victimes du conflit, mais elles restent invisibles dans toutes les questions liées à la paix. Cela représente une inégalité à l’égard de la femme »,
a déclaré Julienne Baseke, coordonnatrice de l’AFEM.
Elle a également souligné que la recherche de la paix n’est ni possible ni durable sans la participation des femmes, car celles-ci constituent le pilier de la résilience, de la reconstruction et du relèvement après les crises. Elle cite notamment les récents accords de Doha et de Washington, dans lesquels les femmes n’étaient pas représentées.
D’une vision commune, et se basant sur la résolution 1325 des Nations unies, les participantes demandent le respect des conventions et engagements relatifs à la participation effective des femmes et des jeunes filles dans les processus de paix. Elles souhaitent également que les besoins prioritaires des femmes et des jeunes filles soient pris en compte dans ces processus.
Dorcas Shabani, coordonnatrice de l’organisation Ladies and Future, a rappelé que la résolution 2250 demande l’inclusion des jeunes dans les processus de paix, avec une égalité de genre, tout comme la résolution 1325.
« Les filles et les femmes savent ce qu’elles traversent dans leurs communautés. Au-delà d’être victimes, elles jouent également un rôle de médiatrices dans les conflits »,
a-t-elle déclaré.
De son côté, Joëlle Bahali, de l’ASBL Redonnons le sourire à la femme vivant avec handicap, a plaidé pour l’implication dans les processus de paix non seulement des jeunes filles, mais aussi des jeunes filles vivant avec handicap.
« Si la fille handicapée fait partie du processus de paix, cela renforcera sa confiance en soi, mais aussi celle de toutes les autres filles et femmes handicapées »,
a-t-elle affirmé.
« Lorsque la femme est partie prenante dans la recherche de la paix, celle-ci ne peut être que durable. La femme connaît les réalités de la communauté et elle est impliquée dans tous les domaines de la vie dans son milieu »,
a ajouté Madame Kavira Marceline Yeye, présidente du conseil d’administration du Programme d’Assistance et de Protection des Personnes Handicapées (PAPH) à Goma.

Selon les recherches présentées, Madame Mululu Rachel, point focal de l’AFEM à Goma, souligne que 80 000 cas de violences sexuelles faites aux femmes ont été documentés pour l’année 2025. Cette situation, selon elle, est également liée à la faible participation des femmes dans la recherche de solutions aux problèmes qui les concernent.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Inclusion des femmes et des jeunes filles pour une paix féministe et durable dans l’Est de la République démocratique du Congo », financé par la coopération suédoise à travers le programme Impact de Kvinna Till Kvinna.
Emmanuela Bahindwa volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
