
Dans le cadre de son programme de santé communautaire « ZED’S Afia », l’organisation ZED’S ASBL a organisé une nouvelle séance de sensibilisation sur l’hygiène bucco-dentaire ce dimanche 1er mars 2026. L’événement s’est déroulé au secteur Saint-Jean, sur l’avenue Cercle Hippique, dans le quartier Nyalukemba (commune d’Ibanda), touchant plus de 300 enfants et parents.
Cette activité marque une étape clé dans le déploiement de l’initiative portée par l’organisation.
Interrogée sur l’impact de ce projet, Mweze Patricia, médecin stagiaire à l’Université Catholique de Bukavu (UCB) et fondatrice de ZED’S ASBL, a dressé un bilan très positif. Elle a précisé que si la séance de ce dimanche a réuni plus de 300 participants, le cumul des personnes sensibilisées depuis le lancement du programme « ZED’S Afia » s’élève désormais à plus de 1 200 bénéficiaires, incluant enfants, adolescents et parents.

Un diagnostic alarmant sur les habitudes locales
Cette descente sur le terrain ne doit rien au hasard, elle fait suite à une enquête de terrain rigoureuse menée par son organisation dans les différents carrefours de la ville. Le constat dressé par la fondatrice est sans appel, une négligence généralisée de la routine dentaire chez les mineurs.
« Notre sondage préalable que nous avions mené ici à Bukavu avait révélé un résultat inquiétant : les enfants ne se brossent pas les dents de manière autonome. Souvent, cet acte est perçu comme une corvée liée uniquement à la douche ou exécutée sous la contrainte parentale »,
regrette-t-elle avec insistance.
Pour remédier à cette situation, l’activité de ce dimanche visait à transformer cette contrainte en un réflexe naturel. D’après ses dires, il ne s’agit pas seulement de se brosser les dents, mais de maîtriser la « bonne technique », celle qui impose un nettoyage rigoureux après chaque repas pour neutraliser les attaques acides.

La prévention un bouclier économique pour les familles
Au-delà de l’aspect sanitaire, Mweze Balemba Patricia a mis en lumière un argument de taille, l’aspect financier.
À une époque où la consommation de produits manufacturés et de sucreries explose à Bukavu, les risques de caries dentaires montent en flèche.
« Soigner une carie peut coûter jusqu’à 50 $ voir plus, un montant exorbitant pour de nombreuses familles. Pourtant, avec moins de 2 000 francs congolais par mois pour l’achat d’une brosse et d’une pâte dentifrice, ce mal est totalement évitable »,
a-t-elle déclaré, martelant que la sensibilisation reste l’arme la plus efficace et la moins coûteuse contre cette flambée de maladies bucco-dentaires.
Le défi des 21 jours ancrer le changement dans la durée
L’innovation de cette campagne réside dans son mécanisme de suivi. Pour ne pas que les conseils s’envolent sitôt la journée terminée, ZED’S ASBL a mis en place un système de tutorat par le carnet. Chaque enfant sensibilisé est reparti avec un kit complet et un outil de suivi personnel.
« Nous avons distribué des carnets contenant des cases à cocher pendant 21 jours. C’est le laps de temps scientifiquement nécessaire pour que le cerveau humain transforme une action répétée en une habitude durable »,
explique la responsable.
Elle ajoute qu’un rendez-vous est déjà pris pour une évaluation post-campagne :
« Nous reviendrons après ces trois semaines pour vérifier si le message a été réellement intégré et si les enfants se sont approprié ces pratiques. »
Un appel à la responsabilité parentale
Bien que la structure cible prioritairement les enfants de 6 à 14 ans, la forte présence d’adolescents plus âgés lors de cette journée témoigne d’un réel besoin d’information au sein de la population.
La fondatrice a lancé un vibrant appel aux chefs de familles.

Elle exhorte les parents à ne pas être de simples spectateurs, mais des acteurs de la santé de leur enfants. Selon elle, la lutte contre les maladies dentaires est un combat communautaire :
« à tous les parents je vous demande de vous informer et partagez ce que vous avez comme connaissance à d’autres parents pour que la lutte contre les maladies buco dentaires soit appliquée dans chaque famille »,
a-t-elle conclu.
À Bukavu, le sourire des enfants pourrait bien devenir le plus beau témoignage de l’impact durable de cette initiative communautaire.
Gabriel Cubaka volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
