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À Nyangezi, dans le territoire de Walungu, la situation des enfants déplacés et retournés internes atteint un niveau alarmant. Depuis février 2025, la reprise des affrontements dans plusieurs villages du groupement de Karhongo a provoqué des déplacements massifs de populations; Un an plus tard, en février 2026, la crise humanitaire s’enracine et frappe de plein fouet les plus jeunes.

Selon la Dynamique des jeunes pour le progrès et l’avenir DJPA en sigle , plus de 105 000 personnes déplacées sont aujourd’hui recensées dans le territoire, dont environ 80 % sont des femmes et des enfants. La majorité a fui les violences armées et l’insécurité persistante dans les villages environnants. À leur arrivée, ces familles trouvent refuge chez des proches ou dans des abris de fortune, souvent inadaptés et surpeuplés.

Dans plusieurs localités de Nyangezi et de Karhongo, des familles d’accueil hébergent des déplacés dans des cuisines ou dans une seule pièce où filles et garçons dorment entassés.
Cette dynamique ajoute que ces conditions augmentent considérablement les risques de violences sexuelles, en particulier pour les adolescentes vivant dans des abris collectifs non sécurisés.

Et d’ajouter que le manque d’installations sanitaires adéquates et la promiscuité favorisent également la propagation de maladies infectieuses. Les structures de santé, déjà fragilisées par le conflit, sont soit débordées, soit fermées. Des cas de décès d’enfants liés au manque de médicaments et à l’insuffisance d’assistance médicale ont été rapportés.

La malnutrition également progresse, conséquence directe de l’insécurité alimentaire et de la pression exercée sur des communautés hôtes aux ressources limitées. Dans plusieurs villages et aires de santé, les activités de sensibilisation communautaire sur la nutrition et la prévention des maladies ont fortement diminué.

Au-delà de la survie immédiate, l’avenir des enfants est menacé, insiste la DJPA ,nombreux mineurs déplacés sont contraints de travailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Des cas d’exploitation économique sont signalés dans les chantiers de fabrication de briques, ainsi que dans des hôtels, restaurants et bars de la zone.

Cette situation se fait au détriment de leur scolarité et de leur sécurité. Dans certains villages de Karhongo, notamment au centre de Munya, des enfants sont privés d’école depuis plusieurs mois. La rupture éducative accroît leur vulnérabilité, les exposant à des risques de recrutement forcé par des groupes armés qui exploitent leur précarité.
Pour ces enfants, l’absence d’école signifie non seulement la perte d’apprentissage, mais aussi la disparition d’un espace de protection et de stabilité dans un environnement marqué par la violence.

Face à cette situation, la Dynamique des jeunes pour le progrès et l’avenir, a dans une alerte signé par son coordonnateur Guillaume Munguakonkwa, et rendue publique le 27 Février, appelée , à la mise en place urgente d’espaces sécurisés pour les enfants, notamment des Espaces Amis des Enfants destinés au soutien psychosocial. Les besoins identifiés incluent également la distribution de kits de protection et de dignité, des suppléments nutritionnels, ainsi que le renforcement des cantines scolaires afin de favoriser le retour à l’école et de réduire le recours au travail des enfants.

Sans intervention rapide, les conséquences risquent d’être plus graves , mettant en péril l’avenir de toute une génération déjà marquée par la guerre.

La Rédaction

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