
L’apprentissage et la maîtrise de la langue maternelle chez les enfants demeurent un défi majeur pour plusieurs familles du territoire de Kabare. Pourtant, la promotion et la valorisation de cette langue restent essentielles dans le processus éducatif.
Contacté à ce sujet, Monsieur Edmond Cikomola, parent d’élève et responsable de comités de parents dans certaines écoles de Kavumu, estime que l’apprentissage rigoureux de la langue maternelle constitue une base fondamentale dans l’éducation de l’enfant. Selon lui, la première langue apprise au sein de la famille joue un rôle déterminant dans l’ouverture vers d’autres langues.
« La langue maternelle est capitale. Elle façonne l’identité de l’enfant et facilite l’apprentissage des langues étrangères. Aucune langue étrangère ne devrait surpasser la langue d’origine »,
affirme-t-il.
Ce parent éducateur déplore par ailleurs le comportement de certains parents qui, une fois installés hors de leur village d’origine, cessent d’enseigner à leurs enfants leur langue maternelle. À la place, ils privilégient exclusivement les langues étrangères, au risque, selon lui, d’affaiblir les repères culturels des enfants.
Il met en garde contre ces pratiques éducatives qui fragilisent les jeunes générations en négligeant la langue d’origine au profit d’autres langues. Une telle attitude peut entraîner des difficultés d’apprentissage et un éloignement progressif des traditions et des valeurs culturelles.
Des analystes et experts en éducation soulignent également que l’ignorance de la langue maternelle au sein d’une famille ou d’une communauté constitue un frein au développement local.
Face à ce constat, un appel est lancé aux parents ainsi qu’aux autorités en charge de l’éducation afin de renforcer les mécanismes visant à valoriser la langue maternelle, tant au sein des familles que dans les communautés et les établissements scolaires.
Par Fiston Aganze volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
