0 5 minutes 3 mois

À l’approche des examens, de nombreux jeunes vivent une période particulièrement éprouvante. Entre exigences scolaires, attentes familiales et incertitudes sur l’avenir, cette étape devient souvent une source majeure de stress. Pour plusieurs adolescents, il ne s’agit plus seulement de valider des connaissances, mais de répondre à des enjeux émotionnels profonds liés à la réussite, à l’image de soi et à la reconnaissance sociale.

À Bukavu, des élèves témoignent des difficultés qu’ils rencontrent pendant cette période.
Charmante Muderhwa 17 ans: Pendant la période des examens, je me sens très stressée. Le stress commence surtout parce que je n’arrive plus à utiliser mon téléphone et que je dois beaucoup réviser. J’ai aussi peur d’échouer, car je ne veux pas décevoir mes parents. Ce stress me fatigue beaucoup et parfois il me bloque dans mes révisions, au lieu de m’aider.

Bernadette Aganze 15 ans : « Je suis surtout stressée avant les examens, pendant la préparation. Je me pose souvent des questions comme » : «Et si j’échoue, comment mes parents vont se sentir ? Cette pensée me met beaucoup de pression,… Le stress me bloque et m’empêche parfois de bien me concentrer. Ce qui me fait le plus peur, c’est de décevoir mes parents.»

Sarah Mbuyi, 16 ans, ajoute : « Je révise beaucoup, mais le stress me bloque parfois j’ai mal à la tête pendant l’examen et j’arrive pas à bien dormir. Mes parents me répètent que je dois réussir, alors je stresse encore plus. Les examens décident de notre avenir, alors on n’a pas droit à l’erreur.
Des propos qui traduisent une réalité partagée : le stress est omniprésent, même s’il se manifeste différemment d’un élève à l’autre.

Un stress devenu presque banal

Fatigue, anxiété, troubles du sommeil, difficultés de concentration… les signes du stress lié aux examens sont de plus en plus fréquents chez les jeunes. Cette pression découle en grande partie de l’importance accordée aux résultats scolaires par l’entourage et par le système éducatif. Si une certaine tension peut stimuler l’effort, un excès fragilise les élèves, tant sur le plan psychologique qu’académique.

La peur de l’échec, un poids silencieux

Chez beaucoup d’adolescents, l’échec est perçu comme une honte ou une menace pour l’avenir. Cette crainte peut miner la confiance en soi, provoquer une démotivation progressive, voire conduire au décrochage scolaire. Dans certains cas, la peur devient si forte qu’elle empêche même d’essayer, révélant l’ampleur de la pression psychologique.

Réussir, un moteur malgré tout

Face à ces difficultés, l’espoir de réussir reste une source essentielle de motivation. Pour de nombreux élèves, la réussite symbolise une fierté personnelle et la promesse d’un avenir meilleur. Cet objectif les pousse à s’organiser, à persévérer et à développer des stratégies d’apprentissage, même dans un contexte de fatigue et d’angoisse.

L’éclairage de la Convention des Droits de l’Enfant

La Convention des Droits de l’Enfant (CDE) reconnaît à chaque enfant le droit à une éducation favorisant l’épanouissement de sa personnalité et de ses capacités, tout en garantissant la protection de sa santé mentale. Une pression excessive autour des examens va à l’encontre de ces principes, en exposant les jeunes à des risques psychologiques évitables.

Dans ce contexte, la famille et l’école ont un rôle déterminant. Un accompagnement fondé sur l’encouragement, l’écoute et la valorisation des efforts peut aider les élèves à mieux traverser cette période. Les enseignants, de leur côté, peuvent contribuer en proposant des méthodes adaptées et en rassurant les apprenants.

Vers une préparation plus humaine

La préparation des examens demeure une étape délicate, marquée par le stress et la peur de l’échec, mais aussi par l’espoir de réussite. Pour qu’elle soit vécue plus sereinement, il est essentiel de créer un environnement bienveillant, respectueux des droits de l’enfant et attentif à la santé mentale. Soutenir les jeunes dans leur confiance personnelle est aussi fondamental que leur transmettre des savoirs.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.