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L’héritage est souvent perçu comme un bien matériel ou symbolique transmis d’une génération à l’autre. Mais au-delà de cet aspect, il représente aussi un droit fondamental pour l’enfant. Qu’il s’agisse de biens, d’un nom, d’une identité, d’une culture ou d’une éducation, chaque enfant mérite de recevoir ce que ses parents lui laissent. Pourtant, dans plusieurs sociétés, de nombreux enfants notamment les orphelins ou ceux issus de certaines situations familiales sont exclus ou lésés lors du partage.

Un droit garanti par la loi

Selon l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant, « l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale » dans toute décision le concernant. L’article 27 ajoute que tout enfant a droit à un niveau de vie suffisant pour lui permettre un développement global, ce qui comprend l’accès aux ressources laissées par ses parents.

L’héritage n’est donc pas un privilège, mais un droit. Un enfant ne devrait jamais être oublié après le décès de ses parents. Malheureusement, certaines réalités montrent que ce droit est souvent violé.

Des injustices fréquentes

Dans plusieurs cas, les enfants orphelins, surtout s’ils sont nés hors mariage ou s’ils sont des filles, sont écartés de l’héritage par des membres de la famille ou des tuteurs sans scrupules. Ces actes ne sont pas seulement injustes, ils sont aussi destructeurs pour l’avenir de ces enfants.

L’héritage ne se limite pas à l’argent ou aux maisons. Il comprend aussi les valeurs, l’amour, la langue, les traditions et l’identité culturelle transmises par les parents. Ces éléments aident l’enfant à construire sa personnalité et son avenir.

Témoignage poignant d’une orpheline de Bukavu

« Je suis fille unique. Mes deux parents sont morts dans un accident alors que je n’avais que 10 ans. Mon père disait toujours : “Tout ce que j’ai, c’est pour ma fille.” Mais après leur mort, ma famille paternelle a tout pris : maison, terres, comptes… en disant que je suis une fille, et qu’une fille n’hérite pas. Je vis maintenant chez une tante, je dors sur un tapis, je mange quand il y a à manger. Je n’ai plus accès à l’école. On m’a volé mes parents, mais aussi mon avenir. J’espère qu’un jour, les lois protégeront mieux les filles comme moi. Je veux devenir avocate pour défendre les droits des enfants orphelins. »

déclare-t-elle, âgée de 13 ans.

Protéger le droit des enfants à l’héritage, c’est leur garantir un avenir digne, stable et équitable. L’enfant, qu’il soit garçon ou fille, mérite de bénéficier de l’amour et des ressources laissés par ses parents. Un enfant privé d’héritage, c’est un avenir privé d’espoir.

Clarisse zihalirwa volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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