
Surnommé par beaucoup « le mois le plus long de l’année », janvier arrive avec son lot de défis : poches vides après les fêtes, rentrée scolaire imminente, besoins multiples. Dans ce contexte, de nombreux jeunes, en ville comme en milieu rural, s’engagent dans de petits travaux pour soutenir leurs familles ou subvenir eux-mêmes à certains besoins. Une dynamique qui illustre à la fois leur débrouillardise, mais qui soulève aussi des préoccupations liées à leurs droits et à leur protection.
Après les dépenses des fêtes, il est fréquent que les familles se retrouvent à court de moyens. Certains jeunes, conscients des réalités de leur foyer, décident alors de prendre les choses en main. Pour beaucoup, ce n’est pas juste un désir d’autonomie, mais une véritable nécessité.
Parmi les petits jobs recensés :
Services ménagers chez les voisins (vaisselle, lessive, cuisine), petits commerces ambulants (vente d’eau glacée, pain, recharges téléphoniques…), aide dans les marchés ou boutiques (porteurs, nettoyage, emballage) et autres.
Jonathan Igunzi, 17 ans:
« Je balaie une boutique et un salon chaque matin. On me donne 5000 FC par jour. Ce n’est pas énorme, mais ça m’aide à acheter mes affaires. »
Aminata Mahuno, 17 ans:
« Je vends de l’eau glacée. Je suis payée par bidon. Je reste au soleil toute la journée, mais je veux aider à la maison. »
Ben Ntwali, 15 ans:
« Je crée des affiches avec mon téléphone grâce à Canva. J’ai même payé la Regideso et ma connexion avec ce que je gagne. »
Ces petits boulots présentent des aspects positifs : sens des responsabilités, autonomie, esprit d’initiative, apprentissage de la gestion de l’argent. Mais sans encadrement, les risques sont nombreux : exploitation, abandon scolaire, surcharge de travail, ou encore atteinte à la santé physique et mentale.
Les petits jobs de janvier mettent en lumière la résilience admirable des jeunes, mais aussi les risques qu’ils courent dans un environnement sans encadrement adéquat. Il est essentiel que les familles, les écoles, les autorités locales et les ONG s’unissent pour s’assurer que chaque enfant qui travaille le fasse dans la dignité et sans compromis sur ses droits fondamentaux : l’éducation, la santé et le repos, comme le garantit la CDE.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
