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L’adolescence est une période de transformation profonde, marquée par des changements physiques, émotionnels et sociaux. Pourtant, pour de nombreux jeunes en RDC, notamment à Bukavu, Kabare ou Karale, cette étape de vie se heurte à de nombreux obstacles, en particulier en ce qui concerne l’accès à une information fiable et à des services de santé adaptés.

Des besoins réels, des réponses limitées

Selon l’OMS, l’adolescence couvre la tranche d’âge de 10 à 19 ans. C’est une période charnière où les jeunes cherchent à comprendre leur corps, leurs émotions, et à construire leur identité. L’accès à des informations fiables sur la santé sexuelle et reproductive, la santé mentale, l’hygiène ou encore la nutrition est essentiel pour les aider à traverser cette étape de manière équilibrée.

Mais dans la réalité, beaucoup restent livrés à eux-mêmes.

Témoignages

Sarah Mitima, 15 ans, élève à Bukavu, raconte :

« J’avais besoin d’informations sur mes règles, mais je ne savais pas à qui parler. À la maison, c’est un sujet interdit, et à l’école on n’en parle presque pas. »

À Bagira, Naomie, 15 ans, vit avec sa grand-mère :

« J’ai eu des problèmes de peau et de maux de tête. Elle m’a dit que c’était spirituel. J’ai voulu aller à l’hôpital, elle a refusé. »

Michel Maisha 18 ans, à Karale, a connu la dépression après un échec scolaire :

« Je ne savais pas vers qui me tourner. Personne ici ne parle de santé mentale. »

Ces récits révèlent un manque cruel d’écoute, d’encadrement et de soutien, dans un contexte où le silence et la stigmatisation aggravent la souffrance des jeunes.

L’un des principaux freins évoqués reste le poids des tabous socioculturelsDans de nombreuses familles, parler de sexualité ou poser des questions sur son corps est encore mal vu. Les écoles, elles, offrent rarement des espaces d’éducation sexuelle complets, laissant les jeunes se référer aux réseaux sociaux ou à leurs amis, avec tous les risques de désinformation que cela comporte.

S’ajoute à cela la barrière financière.Les coûts de consultation, de médicaments ou même de produits d’hygiène comme les serviettes hygiéniques rendent l’accès aux soins difficile pour les adolescents issus de milieux précaires.

L’amélioration de la santé des adolescents ne peut se faire sans un engagement global : former les adultes, briser les tabous, renforcer l’éducation, rendre les soins accessibles et surtout écouter les jeunes sans les juger.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes

Auteur/autrice

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