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Dans de nombreuses familles en RDC, notamment dans les milieux modestes, les grands frères et grandes sœurs jouent un rôle clé dans l’éducation des plus jeunes. Au-delà de leur place dans la fratrie, ils deviennent des modèles, des guides, des protecteurs et parfois même des éducateurs de substitution.
Leur rôle s’impose souvent sans qu’ils en soient vraiment conscients, mais leur influence sur le développement des enfants est profonde.

Un soutien parental complémentaire

Lorsque les parents sont occupés, absents ou débordés, les aînés prennent naturellement le relais.
Ils apprennent aux plus petits à se laver, à s’habiller, à faire leurs devoirs, ou encore à distinguer le bien du mal. Dans certaines familles nombreuses, l’éducation repose en grande partie sur ce lien de solidarité entre enfants, les aînés devenant comme des « petits parents ».

Ils transmettent les valeurs familiales, expliquent les règles de la maison, et peuvent même intervenir dans la discipline, avec douceur ou parfois sévérité, selon leur personnalité et les habitudes familiales.

Un rôle d’exemple et de modèle

Les plus jeunes imitent beaucoup leurs aînés.
Un grand frère qui fume, qui ment ou qui traîne dans de mauvaises compagnies peut facilement entraîner son cadet sur la même voie. À l’inverse, une grande sœur studieuse, respectueuse et travailleuse peut inspirer les plus petits à suivre son chemin.

Cette influence souligne la nécessité pour les aînés d’être conscients de l’impact de leurs comportements, même sans parole.
Les petits observent, retiennent et reproduisent.

Gloria Ndolage, 16 ans (Bukavu) :

« Je m’occupe de mes deux petites sœurs pendant que maman travaille. Je les aide à faire leurs devoirs et je leur apprends à se respecter. Je me sens responsable d’elles. »

Patrick, 14 ans (Mukukwe) :

« Mon petit frère ne veut écouter que moi. Quand il fait une bêtise, je lui parle gentiment. Il dit toujours : “Je veux être comme toi.” Ça me pousse à faire attention à ce que je fais. »

Ce rôle d’aîné peut aussi devenir un fardeau surtout pour les adolescentes. Elles doivent sacrifier leurs loisirs, leurs études ou leur temps de repos pour s’occuper des plus petits. Ce déséquilibre peut créer des frustrations ou un sentiment d’injustice, surtout si leur contribution n’est pas reconnue par les adultes.

Selon l’article 18 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE), les États doivent soutenir les parents ou tuteurs légaux dans leurs responsabilités parentales.
Ce rôle ne devrait pas être entièrement transféré aux aînés, au risque de leur retirer leur droit à l’enfance et à l’éducation.

Les grands frères et grandes sœurs sont souvent les héros discrets de l’éducation familiale.
Leur rôle mérite d’être valorisé, accompagné et soutenu, sans pour autant leur imposer une charge parentale qu’ils ne peuvent pas porter seuls. Il est essentiel de leur rappeler que leur exemple compte, et que leur présence peut transformer positivement la vie de leurs cadets. Mais il est tout aussi important de leur laisser le droit d’être aussi des enfants ou des adolescents, avec leurs propres besoins, rêves et limites.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

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