
Les fêtes de fin d’année, censées être un moment de joie, de chaleur et de partage, se transforment pour beaucoup de jeunes en une véritable mise en scène sur les réseaux sociaux. Instagram, TikTok ou Snapchat deviennent alors des vitrines où s’exhibent cadeaux, tenues, repas de fête et voyages. Si certains y prennent plaisir, d’autres ressentent une forte pression sociale.
Sarah Kashafali, 19 ans, explique :
« Il faut poster pour montrer qu’on passe de belles fêtes. Franchement, si tu ne postes rien le 25 ou le 31, les gens pensent que tu ne fais rien. Du coup, même si je suis juste avec ma famille, je filme, je mets une musique stylée, et je publie. C’est devenu normal. »
Khali Mwindo, 21 ans, ajoute :
« Plus t’as de likes, plus t’as l’impression d’exister. Moi je prépare mes posts à l’avance : tenue de Noël, photo avec le sapin, et bien sûr les cadeaux. L’année dernière, j’ai même attendu 20h pour poster, parce qu’il y a plus de gens connectés. C’est bête, mais les likes, ça compte. »
Cette recherche de visibilité numérique n’est pas sans conséquences. Inès Buhendwa, 22 ans, confie :
« Je vois des gens en vacances à Dubaï ou à la montagne, avec des cadeaux de fou. Et moi je me dis que mes fêtes à la maison, c’est nul à côté. Du coup, parfois, je ne poste rien. »
Léandre Igunzi, 18 ans, le reconnaît aussi :
« On est dans une comparaison constante, même sans s’en rendre compte. Et plus t’es suivi, plus t’as la pression. C’est comme si on notait ta vie en public. »
Face à cette pression, certains choisissent de décrocher.
Fatou Kubusha, 20 ans, a pris une décision radicale :
« Cette année, je désinstalle Instagram du 24 au 2 janvier. Trop de pression. J’ai envie de vivre mes fêtes sans devoir prouver quoi que ce soit. »
Ces témoignages montrent à quel point les réseaux sociaux occupent une place centrale dans le quotidien des jeunes, surtout pendant les fêtes.
Publier devient presque une obligation sociale, nourrie par un besoin de reconnaissance virtuelle. Mais cette course à l’apparence peut engendrer frustration, perte d’estime de soi et sentiment d’exclusion.
Pour certains, il devient nécessaire de reprendre le contrôle sur leur usage des réseaux, de se reconnecter à la réalité et de vivre des moments authentiques, sans se sentir obligés de les exposer.
Au fond, peut-être que les fêtes devraient redevenir ce qu’elles sont censées être : un moment simple, sincère, vécu pleinement et pas seulement regardé à travers un écran.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
