
Chaque 18 novembre, le monde célèbre la Journée mondiale du jeu vidéo, un moment dédié à reconnaître l’importance culturelle, sociale et éducative de ce loisir. À Bukavu, cette journée prend tout son sens pour de nombreux jeunes, pour qui le jeu vidéo est bien plus qu’un simple divertissement : c’est un espace d’apprentissage, de rêve et de lien social.
Une passion qui rassemble
Dans les quartiers d’Ibanda, Bagira ou Kadutu, les *
game centers sont devenus de véritables lieux de vie. Après l’école, les jeunes s’y retrouvent pour partager des instants de détente et de compétition.
« Quand je joue à FIFA avec mes amis, j’oublie le stress de la journée. On rigole, on se défie, c’est notre moment à nous »,
raconte Iragi Jospin, 17 ans.
Une fenêtre sur le monde
Même dans une ville où les loisirs sont rares, les jeux vidéo permettent aux jeunes de s’ouvrir à d’autres cultures. Pour Inès Sifa, 19 ans et étudiante à l’UCB :
« Grâce aux jeux en ligne, je parle avec des gens du Rwanda, du Burundi ou même de France. J’ai amélioré mon anglais juste en jouant. »
Un outil d’apprentissage et de créativité
Les jeux vidéo développent aussi des compétences utiles à l’école. Luc Wisingya, de Nguba, témoigne :
« Jouer à des jeux de stratégie m’a appris la patience et la planification. Même dans mes études, ça m’aide ! »
Pour certains, c’est même un tremplin vers une vocation. Jenny Ally, 23 ans, habitante de Kadutu, explique :
« J’adore créer des mondes dans Minecraft. Ça m’a donné envie d’étudier l’architecture. »
Des défis bien réels
Mais cette passion est freinée par plusieurs obstacles : le coût élevé des consoles, le manque d’électricité stable, et les risques d’addiction.
« Parfois, on doit arrêter de jouer juste parce que le courant part. Mais on s’adapte… c’est ça vivre à Bukavu ! »
ajoute Luc.
Une jeunesse créative et résiliente
La Journée mondiale du jeu vidéo met en lumière une jeunesse engagée, curieuse et ouverte sur le monde.
« Jouer nous rassemble. Ce n’est pas seulement pour s’amuser, c’est une manière de rêver et de croire que tout est possible »,
concluent plusieurs jeunes interrogés.
À Bukavu, le jeu vidéo devient un véritable levier d’espoir, d’éducation et d’innovation pour une génération en quête d’avenir.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes
