
Ce 29 octobre, à l’occasion de la Journée internationale de l’accompagnement et du soutien, le monde entier met en lumière le rôle crucial du « care » cette attention portée aux autres, qu’elle soit rémunérée ou non.
À Bukavu, cette journée offre une opportunité de réfléchir à une question centrale :
comment les jeunes peuvent-ils être à la fois porteurs de soutien et bénéficiaires de cet accompagnement ?
Dans la société congolaise, l’idée de « care » ne se limite pas aux soins destinés aux personnes âgées ou malades.
Elle inclut aussi la prise en charge des enfants, des jeunes vulnérables et des familles en difficulté. À Bukavu, beaucoup de jeunes assument ce rôle sans que cela soit toujours reconnu. Ils aident au quotidien, accomplissent des tâches ménagères, soutiennent leurs proches souvent en silence.
Lucien Igwabi, 24 ans, témoigne :
« Je termine l’école, mais je dois aider à la maison, m’occuper de mes petits frères. Des fois je suis fatigué, mais je n’ai personne avec qui parler. »
Un exemple parmi tant d’autres qui montre que ces jeunes aidants ont aussi besoin de soutien, d’écoute, d’espaces de respiration.
À l’inverse, d’autres jeunes et enfants vivent dans une grande solitude, sans encadrement familial ou soutien émotionnel. C’est ce que souligne Sandra Ngoy, 22 ans, bénévole auprès des enfants déplacés :
« Soutenir les autres me donne de l’espoir… mais je manque de ressources et de formation. »
Face à ces constats, plusieurs pistes se dessinent :
Reconnaître le rôle des jeunes aidants en les valorisant à travers l’éducation, les médias et les associations ;
Mettre en place des systèmes de soutien adaptés aux jeunes vulnérables, notamment via l’accompagnement psychologique, le mentorat ou des espaces d’expression sécurisés ;
Relier le « care » aux droits fondamentaux des jeunes,
car un jeune soutenu est plus enclin à poursuivre ses études, à éviter l’exclusion et à bâtir une société plus solidaire.
À Bukavu, cette journée rappelle qu’il est urgent d’investir dans un
care partagé, où les jeunes ne sont pas seulement des relais d’aide, mais aussi des individus à soutenir. Miser sur eux, c’est construire une génération plus résiliente, prête à prendre soin des autres et d’elle-même.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
