
Chaque 27 octobre, le monde célèbre la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, instaurée par l’UNESCO pour rappeler l’importance de préserver les sons, les images et les vidéos qui racontent l’histoire des peuples. À Bukavu, cette journée reste encore peu connue, pourtant elle soulève des questions cruciales, notamment pour les enfants et les jeunes.
Une mémoire vivante en danger de disparition
Le patrimoine audiovisuel regroupe les archives sonores, les films, les documentaires, les vidéos anciennes… Ce sont de véritables témoins du passé. À Bukavu, certaines familles possèdent encore de vieilles cassettes de mariages, de naissances ou de discours marquants : des trésors qu’on regarde avec émotion, car ils connectent les générations.
Mais dans les écoles, l’usage des vidéos éducatives locales ou des documentaires congolais reste très limité. Or, ces supports rendent l’histoire plus concrète, plus vivante. Ils peuvent aider les élèves à mieux comprendre le pays, ses traditions, ses luttes, ses espoirs.
Et les jeunes dans tout ça ?
Romeo Murabazi, 15 ans, lance cet appel simple mais fort :
« Il faut qu’on nous montre notre propre histoire en vidéo, pas seulement les films étrangers. »
Son témoignage rejoint celui de nombreux jeunes qui aspirent à voir leur culture représentée et préservée.
Certains adolescents passionnés de multimédia à Bukavu ont commencé à filmer leur quotidien, les réalités de leur quartier, les histoires de leurs aînés, les chants et les danses locales. Mais sans formation, sans soutien matériel ou institutionnel, leurs productions risquent de se perdre, faute de valorisation.
Un rôle pour les écoles, radios et médias jeunesse
Les enseignants, les radios communautaires, les organisations comme Watoto News ont un rôle clé : encourager les enfants à créer, enregistrer, raconter. À leur manière, avec leurs outils. Car ce qu’ils filment aujourd’hui, ce qu’ils partagent comme récits en vidéo ou en audio, deviendra le patrimoine de demain.
Préserver et créer, un double devoir
La Journée mondiale du patrimoine audiovisuel ne concerne pas seulement les archives anciennes : elle nous rappelle aussi l’importance d’inclure les jeunes générations dans la création de cette mémoire. Préserver les sons du passé, oui, mais aussi encourager les enfants à produire ceux du futur.
Un enfant qui filme, qui raconte, qui archive, est déjà un bâtisseur de mémoire. Aidons-les à préserver leurs histoires.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
