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A Bukavu comme dans l’ensemble de la République Démocratique du Congo, un mal insidieux mais bien réel met à mal le vivre-ensemble : la xénophobie.
Souvent tapie dans le silence des préjugés, elle divise au lieu d’unir.

Pour les jeunes de la ville, cette peur ou ce rejet de l’autre, du différent ou de l’étranger, est un obstacle majeur au progrès social.

Face à ce phénomène, plusieurs voix s’élèvent pour témoigner et appeler à une urgente prise de conscience.
La xénophobie, qui se manifeste par des paroles, des gestes ou des attitudes quotidiennes, est un véritable poison qui fragmente la société.

« Sur les réseaux sociaux, on observe fréquemment des publications qui stigmatisent des communautés spécifiques. Cela engendre de la méfiance et crée une distance palpable entre les individus »,

déplore Gédéon Isombya, étudiant de 24 ans à l’ISDR Bukavu.
Pour lui, la sphère numérique est devenue un terreau fertile pour ces manifestations discriminatoires.

Ce sentiment est partagé par Mabungu Michée, un jeune U-report engagé dans la sensibilisation auprès des universités, des quartiers et des lieux publics, notamment sur la lutte contre la discrimination.

« Même dans la vie de tous les jours, nous sommes confrontés à des paroles blessantes ou à des préjugés tenaces »,

explique-t-il. Il ajoute avec regret :

« Il arrive que des gens vous jugent uniquement à cause de votre apparence ou de votre taille. Venant d’un jeune de notre pays qui compte plus de 450 ethnies, c’est regrettable. »

C’est pourquoi Mabungu Michée et ses pairs s’investissent activement pour encourager un changement de mentalité. Leur message est clair : la diversité est une richesse, non une menace.
L’appel au changement est personnel et collectif, insiste Gédéon Isombya.

« Il est impératif d’apprendre à s’écouter et à se soutenir, au lieu de cultiver la division. »

Une dynamique positive commence d’ailleurs à émerger en ligne. Conscients de l’impact des plateformes numériques, certains jeunes s’y investissent en créant des contenus qui prônent le respect des différences et l’importance du dialogue. Ces initiatives visent à bâtir les fondations d’une société plus pacifique et véritablement inclusive.
En conclusion, à Bukavu, la xénophobie demeure un défi de taille qui mine la cohésion sociale. Néanmoins, l’engagement et la détermination des jeunes à mettre en lumière ce problème, tout en promouvant la tolérance et le respect mutuel, offrent une lueur d’espoir.
Leurs actions, qu’elles soient menées en ligne ou dans le quotidien, ouvrent la voie à une communauté unie où chaque citoyen peut se sentir pleinement accepté.

Gabriel CUBAKA volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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