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Après plusieurs jours d’angoisse, la sérénité commence à regagner les localités de Tshomia et Kasenyi, situées à une soixantaine de kilomètres de Bunia, dans la province de l’Ituri. La vie reprend peu à peu son cours normal après les violents affrontements qui ont opposé, dans la nuit du 5 au 6 octobre 2025, les Forces armées de la RDC (FARDC) aux miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).

Les enfants, particulièrement touchés par ces événements, reprennent timidement le chemin de l’école. Dans plusieurs établissements, les salles de classe sont encore à moitié vides, certaines familles craignant de laisser leurs enfants sortir après les combats. Des enseignants de Kasenyi et Tshomia affirment que beaucoup d’élèves sont encore déplacés ou traumatisés par les détonations de la semaine dernière. Malgré tout, les cours ont repris, signe d’un retour progressif à la normalité et d’un espoir renouvelé d’apprendre dans la paix.
Dans le reste de la communauté, les marchés rouvrent, la pêche sur le lac Albert reprend, et la circulation routière et lacustre entre Bunia, Kasenyi et Tshomia est redevenue possible.

Cependant, tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. Plusieurs familles déplacées continuent de fuir les sites de Mutanzike et Wembley, par crainte d’être associées aux miliciens. Selon des sources humanitaires, plus de deux mille familles ont déjà quitté ces sites. Certaines personnes déplacées, y compris des enfants, ont été arrêtées par les services de sécurité, accusées de complicité avec les groupes armés.

Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri, appelle la population à collaborer avec l’armée et à signaler tout suspect pour garantir la stabilité retrouvée.

« La paix est un bien précieux. Ensemble, nous devons protéger nos enfants pour qu’ils étudient sans peur », a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, des organisations de défense des droits humains alertent sur des menaces et intimidations exercées par certains agents de sécurité contre les déplacés, ce qui alimente la peur et pousse encore des familles à fuir.

Malgré ces inquiétudes, un signe d’espoir demeure : les rires d’enfants se font de nouveau entendre dans les cours d’école.
Après des jours de tension, les enfants d’Ituri retrouvent progressivement le chemin de l’apprentissage et de la paix.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News avec Radio Okapi

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