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À Bukavu, au-delà des salles de classe traditionnelles, un lieu d’apprentissage discret mais profondément transformateur s’anime chaque week-end : l’école du dimanche. Offerte dans les églises de la ville, cette forme d’enseignement religieux est parfois considérée comme secondaire. Pourtant, pour de nombreux enfants et jeunes, elle constitue un véritable socle de construction morale, sociale et même intellectuelle.

Loin de se limiter à la récitation de versets, l’école du dimanche transmet des valeurs essentielles : le respect, la paix, la solidarité, l’amour de soi et des autres. Autant de piliers qui renforcent la personnalité des enfants, dans un environnement parfois marqué par la pauvreté, la violence ou l’instabilité familiale.

Des voix d’enfants qui témoignent

Justine Shabani, 13 ans, raconte :

« À l’école du dimanche, j’ai appris à ne pas me moquer des autres et à parler avec respect. Ça m’a aidée à me faire des amis à l’école aussi. »

Daniel Maisha, 11 ans, ajoute :

« On m’a appris que Dieu nous aime tous, même si on est pauvre ou orphelin. Ça m’a redonné confiance. »

Pour Grâce Namegabe, monitrice dans une église évangélique :

« Ces enfants vivent parfois des réalités très dures. Nous ne faisons pas que leur enseigner la Bible ; nous les écoutons, les accompagnons, et souvent, nous devenons un repère affectif pour eux. »

Alors que l’éducation formelle peine parfois à répondre aux besoins émotionnels des enfants, l’école du dimanche se présente comme un espace de respiration et de confiance. Dans certaines églises, des modules d’alphabétisation, de jeux éducatifs, de leadership ou de gestion de la colère complètent les sessions spirituelles.

Un appel à une reconnaissance plus large

Face à l’impact discret mais réel de l’école du dimanche, les organisations éducatives et les défenseurs des droits des enfants gagneraient à inclure ces acteurs religieux dans les dynamiques communautaires. Quant aux parents, ils sont appelés à ne pas sous-estimer ce cadre qui peut compléter efficacement l’éducation scolaire, en particulier dans les milieux vulnérables.

À Bukavu, l’école du dimanche est bien plus qu’un rituel religieux : c’est une école de la vie.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

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