
À Bukavu, quelques semaines après la rentrée scolaire, tous les enfants ne vivent pas l’école avec joie. Certains y vont avec enthousiasme, d’autres avec peur ou découragement. Pour beaucoup, l’école reste encore un lieu d’exclusion, de honte, ou de souffrance silencieuse. Face à cette réalité, il est temps de refuser l’échec scolaire comme une fatalité, et d’en faire un combat collectif.
Si certains élèves ont repris les cours bien équipés et soutenus, d’autres sont arrivés sans matériel, affamés, parfois épuisés.
Et il y a ceux qui n’ont pas pu revenir du tout, freinés par la pauvreté, des déplacements familiaux ou un manque total de soutien.
L’échec scolaire ne commence pas avec les mauvaises notes. Il commence dès que l’enfant se sent inutile, incompris, ou exclu.
À Kadutu, Panzi ou Bagira, les enfants témoignent :
« Quand je ne comprends pas, on me dit que je suis bête,J’ai peur de parler, on se moque de moi. »
Même analphabètes, les parents peuvent être impliqués.
Leur présence est précieuse.
Faire du plaidoyer pour des écoles dignes: exiger le minimum vital : bancs, toilettes, enseignants formés, matériel.
Un regard qui peut changer une vie
Chaque enfant a une lumière en lui. Mais l’échec scolaire, nourri par notre silence ou notre indifférence, l’éteint peu à peu. Cessons de dire « cet enfant est nul » ; disons plutôt « cet enfant a besoin de nous tous ».
Quelques semaine après la rentrée : il est encore temps d’agir
Le combat contre l’échec scolaire est un choix collectif. Parents, enseignants, autorités, jeunes, citoyens : nous avons tous un rôle à jouer. Pour refuser l’échec, pour faire grandir chaque enfant avec dignité, pour construire un avenir où l’école ne blesse plus, mais relève.
« J’ai des idées, mais personne ne me demande mon avis. »
Ces paroles doivent devenir la base de toute réflexion éducative. L’enfant n’est pas un problème, c’est une voix qu’il faut écouter, une personne à accompagner.
À Bukavu, comme ailleurs, de nombreux enfants échouent non pas par manque d’intelligence, mais parce que le système n’est pas adapté à leur réalité : mauvaise maîtrise des langues d’enseignement, salles sans bancs, livres inexistants, bâtiments délabrés…
Posons-nous la vraie question : avons-nous fait tout ce qu’il faut pour que chaque enfant réussisse ?
Des solutions concrètes à mettre en place
Identifier les élèves en difficulté dès le début: par des entretiens, visites à domicile, échanges avec parents et enseignants.
Mettre en place du soutien scolaire, même informel: une fois par semaine avec des jeunes volontaires ou anciens élèves peut déjà faire la différence.
Créer des espaces d’expression pour les enfants: clubs, groupes de parole, journaux scolaires, pour bâtir la confiance.
Yseult Lwango volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
