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À Bukavu, chaque saison des pluies ramène son lot de défis, notamment pour les élèves des quartiers périphériques. Loin d’être anodines, les intempéries provoquent des abandons scolaires temporaires, compromettant ainsi le droit fondamental à l’éducation.

Dans des zones comme Kadutu, Chiragabwa, Kasha, Kazarho ou Cimpunda, les routes en terre deviennent impraticables : boue, glissades, inondations, rivières sans ponts. Le trajet vers l’école devient dangereux, long et pénible. Faute de moyens de transport, de nombreux enfants parcourent plusieurs kilomètres à pied, souvent sous une pluie battante.

Grâce Lutonde, 13 ans, élève à l’école T, confie :

« Quand il pleut, je mets un sachet sur ma tête et je porte mes vieux habits. Parfois j’arrive sale, et les autres se moquent de moi. Il y a des jours où je préfère rester à la maison. »

Moïse Mahuno, 12 ans, de Karhale, raconte :

« Le pont qu’on utilise est souvent inondé. Un jour, mon ami a glissé et s’est blessé. Depuis, ma mère ne me laisse plus aller à l’école quand il pleut trop. »

L’absentéisme scolaire s’aggrave durant cette période. Élèves en retard, malades, ou absents plusieurs jours d’affilée, mais aussi enseignants confrontés aux mêmes difficultés. Les programmes sont ralentis, les leçons interrompues, et les résultats en pâtissent.

Certaines écoles, mal préparées, voient leurs salles de classe inondées, ou inutilisables à cause du bruit assourdissant des pluies sur les toits en tôle.

L’article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant garantit à chaque enfant un accès équitable à une éducation de qualité. Mais à Bukavu, les réalités climatiques, aggravées par le manque d’infrastructures, mettent ce droit en péril.

Pour que les pluies ne soient plus une barrière, des mesures doivent être prises :
Réhabilitation des routes scolaires, construction de ponts et passerelles, création d’abris de protection
Mise en place de transports scolaires
Les autorités locales et les partenaires éducatifs doivent agir ensemble pour garantir un chemin sûr vers l’école.

Offrir un accès sécurisé à l’éducation, c’est construire l’avenir des enfants.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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