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À Kabare, dans la province du Sud-Kivu, la rentrée scolaire a eu lieu il y a quelques semaines.
Dans les villages et les centres, on voit des enfants en uniformes, des écoles rouvertes, des classes animées.
Mais derrière ces images encourageantes se cache une réalité douloureuse : certains enfants ont repris le chemin de l’école au prix de grands sacrifices.
D’autres, par peur, par pauvreté ou par oubli, n’y sont même pas retournés.
Dans plusieurs coins de Kabare, l’accès à l’école reste inégal.
Certains enfants ont des fournitures, d’autres n’ont même pas un cahier.
Certains vont à l’école en moto, d’autres marchent des heures, presque pieds nus
Et puis, il y a ceux qu’on ne voit pas : ceux qui ne sont jamais revenus en classe cette année.

Mon frère va à l’école, mais moi je reste à la maison parce qu’on ne peut pas payer pour nous deux. Maman dit que j’irai l’année prochaine. »
Espérance Bahati,10 ans, village de Bushumba

Un cartable
ou une houe?

Dans de nombreuses familles rurales, les enfants doivent aider à survivre avant d’apprendre à écrire.
Pendant la saison agricole, certains enfants troquent le cartable contre la houe. Ils partent tôt au champ ou au marché, pendant que leurs camarades récitent l’alphabet.

 « Je veux devenir enseignant, mais souvent je ne peux pas aller à l’école. Mon père dit qu’on a besoin de moi pour cultiver. »
Raconte un enfant de 12 ans, sous couvert d’anonymat.

Et même ceux qui vont en classe arrivent fatigués, sans avoir mangé, ou sans cahier pour écrire.

Ce que dit la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE)

Adoptée par l’ONU en 1989 et ratifiée par la RDC, la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) affirme clairement :

« Tous les enfants ont droit à l’éducation. » (Article 28)
Et :
« L’éducation doit viser à développer pleinement le potentiel de chaque enfant. » (Article 29)

Pourtant, à Kabare comme ailleurs, ce droit est encore violé chaque jour.
Quand un enfant est exclu de l’école parce qu’il est pauvre, fille, déplacé, ou handicapé… c’est une injustice, mais aussi une urgence.

Des enfants qui veulent apprendre, malgré tout

Malgré ces difficultés, les enfants de Kabare ont soif de savoir.
Ils veulent réussir, aider leurs familles, changer leur avenir.
Dans certaines écoles, ils se regroupent en clubs scolaires, où ils parlent de leurs droits et imaginent des solutions.

« Je veux aller à l’école même si c’est loin. Je veux devenir infirmière pour soigner les gens ici. »

Rebeca ngoy 11 ans, élève à Miti.

Et les adultes ?

Les enseignants, souvent peu soutenus, font de leur mieux.
Les parents se battent avec leurs moyens.
Mais l’État et les autorités locales doivent faire plus :
Plus d’écoles accessibles,plus de soutien aux enfants vulnérables,plus d’écoute de la parole des jeunes.

L’école ne doit pas être un privilège. C’est un droit.

Kabare a besoin de ses enfants. Mais pour qu’ils construisent demain, il faut les soutenir aujourd’hui.
Cela commence par l’éducation : gratuite, accessible, de qualité, pour tous.

Chaque enfant laissé hors de l’école est une voix éteinte,
chaque enfant soutenu est une lumière pour l’avenir de Kabare.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare

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