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Dans plusieurs écoles de Bukavu, les toilettes sont devenues un véritable calvaire pour les élèves.
Ce qui devrait être un simple besoin naturel se transforme en source de stress, de honte, et parfois même de maladie. Loin d’être une question secondaire, l’état dégradé des installations sanitaires impacte profondément la vie scolaire, en particulier celle des filles.

Dans certaines écoles, les élèves partagent des latrines insalubres, non séparées entre filles et garçons, souvent sans eau, sans savon et sans intimité.
À l’école K…, une unique toilette, construite il y a plus de 15 ans et jamais rénovée, est partagée par des centaines d’enfants.

Des témoignages qui en disent long

Marlène Lwaboshi, 14 ans:

« Quand j’ai mes règles, je ne vais pas à l’école.Il n’y a pas d’endroit pour me changer. Une fois, j’ai eu une fuite et tout le monde s’est moqué de moi. »

Samuel Safari, 12 ans: *

« L’odeur est insupportable. Quand il pleut, on glisse. Certains préfèrent ne pas y aller du tout. »

Diane Zigachane, 11 ans:

« Je me retiens toute la journée. Une fois, j’ai fait une infection urinaire. Ma mère m’a emmenée à l’hôpital. »

Une menace sanitaire bien réelle

Ces conditions exposent les élèves à des infections urinaires, des maladies diarrhéiques, et à un absentéisme régulier, surtout chez les filles. Selon l’UNICEF, 1 enfant sur 3 en Afrique subsaharienne n’a pas accès à des toilettes décentes à l’école. Le manque d’hygiène devient un vecteur silencieux de contamination.

Un droit fondamental non respecté

La Convention relative aux droits de l’enfant, notamment son article 24, garantit à chaque enfant le droit à un environnement sain, à la santé et à l’hygiène. Pourtant, ce droit est bafoué chaque jour dans de nombreuses écoles de Bukavu.

Le silence autour de la question des toilettes scolaires est lourd de conséquences. Il est urgent que les autorités, les écoles, les parents et les partenaires éducatifs prennent cette question au sérieux.

Parce qu’un enfant ne peut apprendre dignement dans la peur, la gêne ou la douleur. L’école doit être un lieu de savoir et de sécurité, pas de souffrance silencieuse.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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