0 3 minutes 8 mois

Chaque matin, bien avant l’aube, des centaines d’enfants quittent leurs maisons perchées sur les collines de Bukavu.
Cartables au dos, parfois vides faute de fournitures, ils entament de longues marches pour rejoindre leurs écoles. Pour eux, l’éducation n’est pas seulement un droit : c’est une épreuve de force quotidienne.

Des trajets exténuants et risqués

Dans des quartiers comme Karhale, Mulambula ou Cikonyi, l’école la plus proche se trouve souvent à plus de 5 kilomètres.
Les enfants, parfois très jeunes, parcourent cette distance à pied, parfois à jeun, sous la pluie ou le soleil brûlant.

« Je me lève à 5h30. On part à 6h00 avec ma petite sœur. On marche une heure trente pour atteindre l’école. Parfois on arrive en retard, fatigués, et le maître nous punit. »

raconte Bienvenue Kashari, 12 ans.

Le chemin est semé d’embûches : routes non sécurisées, zones boisées, traversée de rivières sans pont, chiens errants ou risques d’agressions.

« Il y a un endroit qu’on appelle Lwakabiri. Quand il pleut, l’eau déborde et emporte nos souliers. Une fois, un enfant est tombé dans l’eau, heureusement qu’un adulte l’a sauvé, »

témoigne Rachel, 11 ans.

Conséquences sur l’éducation

Cette réalité a un impact direct sur les performances scolaires : retards, absences, épuisement Nombre d’élèves abandonnent en cours d’année, découragés par la fatigue ou les dangers du trajet.

Une inégalité silencieuse

Ce phénomène met en lumière une injustice souvent ignorée : le lieu de résidence devient un obstacle à l’égalité des chances.
L’absence de politiques de proximité transports scolaires, écoles accessibles ou dortoirs maintient une fracture invisible mais réelle dans l’accès à l’éducation.

Un appel à l’action

Et pourtant, chaque matin, ces enfants reprennent la route.
Leur rêve : apprendre, réussir, changer leur vie. Ils méritent mieux que des encouragements. Ils ont besoin de routes sûres, d’écoles proches, d’un véritable accompagnement.

Ces enfants ne doivent plus être ignorés.
Leur courage appelle notre responsabilité.

Louise bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.