
Autrefois surnommée la Suisse africaine pour sa verdure, la ville de Bukavu voit aujourd’hui ses collines se dégarnir progressivement. À l’approche de la saison des pluies, le constat est alarmant : malgré quelques efforts de reboisement, le couvert végétal est loin d’être suffisant pour protéger la ville des catastrophes naturelles.
Une végétation en recul
Dans plusieurs quartiers tels que Panzi, Kadutu, Cimpunda, Labotte ou Bagira,les habitants constatent une réduction inquiétante des espaces verts. Les arbres sont abattus pour faire place à des constructions souvent anarchiques.
D’autres, une fois tombés, ne sont jamais remplacés.
« Les arbres retiennent l’eau, protègent les collines et purifient l’air. Mais à Bukavu, on construit plus qu’on ne plante. C’est une menace silencieuse »
Ruderekuguma Elias, ingénieur agronome.
Une ville exposée
Chaque saison pluvieuse apporte son lot de glissements de terrain, inondations, routes coupées et maisons écroulées.
Le manque de végétation aggrave les ruissellements d’eau, faute de couverture naturelle pour stabiliser le sol.
« Dès qu’il pleut fort, la rivière Kahwa déborde. Il y a trop de ruissellement, car il n’y a plus d’arbres pour freiner l’eau. »
Merveille Kalimba,habitante de Nyamugo.
Des actions encore trop limitées
Certaines entreprises locales, comme Pharmaquina, ont lancé des campagnes de reboisement. Si ces initiatives sont louables, elles restent isolées et insuffisantes face à l’ampleur du défi.
« Nous avons planté quelques arbres pour lancer un message, mais c’est toute la ville qui doit s’impliquer. »
Richard Baguma, membre de l’équipe de Pharmaquina.
Quelles pistes pour l’avenir ?
Sensibiliser la population,surtout les jeunes, à l’importance de l’arbre.
-Interdire les constructions illégales dans les zones vertes.
Renforcer les campagnes de reboisement,avec l’appui des écoles, ONG, églises…
Intégrer l’éducation environnementale dans les programmes scolaires.
Les arbres ne sont pas qu’un élément esthétique : à Bukavu, ils sont une nécessité vitale, un bouclier naturel contre les catastrophes climatiques.
Si la ville ne renverse pas la tendance, chaque pluie pourrait devenir une menace.
Mais avec l’implication de tous, Bukavu peut redevenir forte, verte et résiliente.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
