Mrithi, « héritier » en français, est l’un des films phares de la 3ᵉ édition de Kino Bukavu 2025. Écrit par Wivine Muzuri, il plonge les spectateurs au cœur des foyers congolais, où les femmes subissent des pressions familiales et sociétales lourdes et silencieuse à chaque nouvelle naissance dans des familles.
Plus qu’une fiction, ce court-métrage est un miroir de la réalité, un appel à la réflexion et à l’égalité homme-femme .
Une histoire inspirée du vécu réel des femmes
« Je me suis inspirée du vécu de nombreuses femmes au foyer, qui subissent des traumatismes et des pressions familiales. Cela affecte leur vie et peut mener à des situations extrêmes, comme le stress maternel ou même la mortalité maternelle », explique Wivine Muzuri, scénariste de Mrithi.

Le film raconte l’histoire d’une mère qui ne donne naissance qu’à des filles. Son mari, mécontent, la pousse à concevoir un garçon pour hériter des biens familiaux.
Ignorée, maltraitée et soumise à des tâches pénibles pendant sa grossesse, elle arrive à l’accouchement sous une pression immense. Après de longues heures de travail, elle donne naissance à un garçon. Mais, après que le docteur lui annonce que son nouveau-né est décédé, le choc et le stress deviennent insurmontables : elle succombe quelques minutes plus tard.
Le mari, après avoir appris que son nouveau-né était décédé et que sa femme succombait elle aussi au choc, reste dévasté.
Le rôle de la mère a été incarné avec justesse par Driscille Mastaki, qui a su transmettre toute la douleur et la force du personnage.
Un message universel et engagé

Au-delà de la tragédie, Mrithi délivre un message social et humain puissant :
« Tous les enfants sont égaux, qu’ils soient garçons ou filles, et méritent la même considération. Le mari doit soutenir sa femme et non lui rendre la vie difficile. La femme doit aussi se préserver du stress pendant sa grossesse, car cela peut lui coûter la vie. »
Cette leçon illustre parfaitement l’esprit de Kino Bukavu, où le cinéma n’est pas seulement un art mais un outil de transformation sociale et culturelle.
L’esprit Kino : partage, collaboration et apprentissage
Participer à Kino Bukavu a offert à Wivine bien plus qu’une aventure créative.
« J’ai découvert un véritable esprit de partage d’expériences et de connaissances, le travail en équipe, ce qui a permis de travailler dans un environnement parfait. Travailler avec peu de moyens a nécessité la contribution de tout le monde, et ça m’a vraiment plu », confie-t-elle
Un tremplin pour révéler de nouveaux talents

Kino Bukavu offre une opportunité rare aux jeunes talents. Pour Wivine, c’est un accomplissement personnel et professionnel :
« Cette opportunité m’a permis de réaliser mon rêve de devenir actrice et scénariste. Aujourd’hui, je peux écrire mon propre film, et c’est une joie immense. »
Elle remercie le public, les équipes techniques et artistiques, Sandra Simbakwira, responsable de Kino Bukavu, et son formateur Rogue, qui l’ont guidée et soutenue tout au long du processus.
Vers de nouveaux horizons
Mrithi et l’expérience Kino ont ouvert à Wivine de nouvelles perspectives : continuer à écrire et à réaliser ses propres films.
« Cette expérience m’a donné confiance et m’a montré que tout est possible avec passion, travail et collaboration », conclut-elle.
Ernest Muhero, rédacteur et éditeur responsable à Watoto News
