0 4 minutes 8 mois

Alors que le monde célèbre chaque 15 septembre de l’an la Journée mondiale de la démocratie ; le regard se tourne vers la République démocratique du Congo.
Un pays dont la jeunesse représente non seulement l’avenir, mais aussi une force cruciale pour le présent. Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans, le rôle des enfants et des jeunes dans le renforcement de la démocratie ne peut être ignoré.

Une jeunesse nombreuse, mais peu impliquée

La RDC dispose d’un immense potentiel humain. Pourtant, malgré leur nombre, les jeunes et les enfants sont souvent exclus des espaces de décision. Le système éducatif reste fragile, l’accès à l’information est inégal, et les plateformes d’expression pour les jeunes sont rares.

Pourtant, dans une démocratie véritable, chaque voix compte, y compris celles des plus jeunes. La Journée mondiale de la démocratie est l’occasion de rappeler que former des citoyens commence dès le plus jeune âge, à travers l’éducation civique, l’apprentissage des droits humains et la participation active à la vie communautaire.

La jeunesse, actrice du changement

Malgré les défis, de nombreux jeunes Congolais s’engagent pour le changement : dans les mouvements citoyens, les associations locales, ou encore à travers les réseaux sociaux. Des initiatives comme LUCHA (Lutte pour le changement), souvent portées par de jeunes activistes, montrent que la jeunesse congolaise a soif de justice, de transparence et de bonne gouvernance.

Témoignage de Christian Mushagalusa 22 ans, étudiant à l’UOB bukavu
« On nous parle de démocratie, mais on ne nous écoute pas. Nos écoles manquent de tout, et les promesses politiques ne sont jamais tenues. Nous voulons des dirigeants qui nous considèrent comme des acteurs du développement, pas seulement comme des chiffres dans les statistiques. »

Mais pour que cet engagement soit durable, il doit être soutenu. Cela passe par :
• Une éducation de qualité, accessible à tous, y compris dans les zones rurales et de conflit ;
• La protection des droits de l’enfant et la lutte contre le travail des mineurs ;
• L’accès à l’information, aux technologies et aux médias ;
• La création d’espaces de dialogue entre les jeunes et les institutions.

Et les enfants dans tout ça ?

Même s’ils ne votent pas encore, les enfants vivent les conséquences directes des décisions politiques. Leur santé, leur sécurité, leur éducation dépendent du bon fonctionnement des institutions. Leur participation peut se faire par des clubs d’enfants, des parlements juniors ou des activités communautaires qui leur permettent de s’exprimer et de développer un esprit critique.

Témoignage de Odette Nsimire, 11 ans, élève à Bukavu
« À l’école, on m’a appris que j’ai le droit de dire ce que je pense, mais parfois, les grands ne veulent pas nous écouter. Moi je pense que même les enfants doivent pouvoir parler, parce que nous voyons aussi ce qui ne va pas. »

Une démocratie solide commence avec les plus jeunes

Cette Journée mondiale de la démocratie nous rappelle que la démocratie ne se limite pas à des élections. Elle se construit chaque jour, dans les écoles, les familles, les rues et les réseaux sociaux. Investir dans la jeunesse congolaise, c’est investir dans la paix, la justice et un avenir démocratique durable pour tous.

En ce 15 septembre, que faisons-nous pour donner une voix aux jeunes et aux enfants de RDC ?

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.