
Chaque 9 septembre le monde rappelle un danger souvent ignoré : la consommation d’alcool pendant la grossesse peut causer des troubles graves et irréversibles chez l’enfant à naître. Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est une cause majeure de handicaps, notamment dans l’Est de la RDC, où l’accès à l’information sur la santé prénatale reste limité.
Le Dr Jacques Birindwa explique que ;
« l’alcool traverse le placenta, et quand une femme enceinte boit, le fœtus boit aussi. Son cerveau et ses organes sont en développement, et même une petite quantité d’alcool peut provoquer des dommages irréversibles. »
Il déplore aussi la banalisation du risque :« Certaines femmes pensent qu’un peu de bière ou de vin ne fait pas de mal. D’autres ne savent pas encore qu’elles sont enceintes. Il faut sensibiliser partout, même dans les zones reculées. »
Le témoignage d’Aline Shayo, relais communautaire à Kanyandja, illustre ce drame :
« Mon fils a eu des retards de croissance et des problèmes à l’école. Je ne comprenais pas. Ce n’est qu’après une discussion avec une infirmière que j’ai entendu parler du SAF. Pendant ma grossesse, je buvais sans savoir que cela pouvait nuire à mon bébé. Aujourd’hui, je culpabilise, mais je sensibilise d’autres femmes. »
La Convention relative aux droits de l’enfant rappelle que tout enfant a droit à la meilleure santé possible, dès la vie intra-utérine. Cela implique une responsabilité collective : informer et soutenir les femmes enceintes pour leur éviter tout risque.
Dans la région de Bukavu et Kabare, l’alcool fait partie de traditions culturelles, mais peu de femmes sont informées des dangers liés à la grossesse. Les centres de santé, souvent sous-équipés, ne parviennent pas toujours à assurer une éducation prénatale suffisante.
Que faire aujourd’hui ?
Associations, écoles, radios communautaires, leaders religieux doivent se mobiliser autour d’un message clair et vital :
« Zéro alcool pendant la grossesse. Aucun niveau d’alcool n’est sans danger. »
Les actions concrètes proposées sont :
Organiser des séances de sensibilisation dans les écoles secondaires pour toucher les futures mères dès leur jeunesse.
Mettre en place des ateliers dans les centres de santé, avec les mères et les pères.
Diffuser des émissions sur les radios locales avec des médecins, sages-femmes et témoignages de familles concernées.
Produire des supports visuels simples dans les langues locales (Swahili, Mashi, Français, Kirega).
Le syndrome d’alcoolisation fœtale est 100 % évitable si les femmes enceintes ne consomment pas d’alcool. Mais cela ne sera possible que si elles sont informées, soutenues et accompagnées.
En ce 9 septembre, rappelons-nous que chaque enfant mérite de naître en bonne santé. Et que chacun d’entre nous a un rôle à jouer pour que ce droit devienne réalité.
yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu.
