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À Bukavu, comme dans d’autres régions touchées par la pauvreté ou les conflits, de nombreux enfants vivent sans l’un de leurs parents. Qu’il s’agisse d’un décès dû à une maladie, un accident ou aux violences, cette perte laisse un vide immense. Malgré la douleur, ces enfants font preuve d’un courage admirable : ils avancent, animés par une force intérieure qu’on appelle résilience.

Témoignages :

Amina Irenge, 13 ans, a perdu sa mère il y a deux ans :

« Quand elle est morte, j’ai cru que ma vie s’arrêtait. Mais j’ai appris à m’occuper de mes frères. Parfois, je pleure seule. Mais je continue d’aller à l’école. Je veux devenir infirmière, comme elle. »

Prince Wabulongwa, 15 ans, vit avec sa sœur chez un oncle, après la mort de leur père :

« C’est dur. Je fais des petits travaux pour payer mes cahiers. J’ai juré de réussir pour sortir ma famille de cette misère. »

Diane Kilosho, 12 ans, orpheline de père :

« Il me manque chaque jour. Mais je pense à ce qu’il voulait pour moi. Alors je me lève et je travaille dur à l’école. »

Kevin Agisha, 14 ans, a perdu ses deux parents et vit aujourd’hui chez une voisine :

« Ce n’est pas facile. Certains disent que je suis maudit. Mais ma maîtresse me soutient. Grâce à elle, je retrouve un peu confiance. »

Liliane Olimba, 11 ans, continue brillamment ses études malgré tout :

« Maman me disait de ne jamais abandonner. Même si elle n’est plus là, ses paroles me guident. »

Une souffrance invisible et ignorée

Ces enfants vivent une forme de solitude silencieuse. Même quand ils sont accueillis dans d’autres familles, ils manquent souvent d’affection, de stabilité ou de compréhension. Ils subissent parfois des discriminations ou de la stigmatisation. Et sur le plan psychologique, leur douleur est rarement prise en charge. Très peu d’écoles disposent de dispositifs de soutien émotionnel pour les enfants en deuil.

Les alertes des organisations

Selon l’UNICEF,les enfants qui perdent un parent sont plus à risque d’abandonner l’école, d’être victimes de violence ou d’entrer trop tôt dans le monde du travail.

Le Conseil pour les Droits de l’Enfant à Bukavu (CDE) insiste :

« Un enfant qui perd un parent est en situation d’urgence. Il a besoin d’un soutien émotionnel solide pour ne pas sombrer. »

Quelques initiatives locales existent, comme les cellules d’écoute dans certaines écoles ou l’encadrement d’associations comme SOS , mais elles restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins.

Leur force mérite du soutien

Ces enfants montrent chaque jour une grande force intérieure. Mais leur courage ne doit pas masquer leur détresse. Ils ont besoin d’écoute, de stabilité et d’amour. Les familles d’accueil, les écoles, les institutions et toute la société doivent s’unir pour les soutenir.

Accompagner un enfant endeuillé, c’est l’aider à transformer sa douleur en espoir, et son vécu en moteur pour réussir sa vie.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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