
Alors que la joie des résultats a résonné dans plusieurs familles de Bukavu, pour d’autres, c’est un silence lourd qui s’est installé. Derrière les sourires et les danses des lauréats, certains finalistes vivent l’amertume de l’échec à l’examen d’État. Mais au-delà de cette épreuve, certains cherchent déjà un nouveau départ.
Diane Biakombe, 18 ans (Kadutu) :
« J’ai pleuré toute la nuit. Je me suis sentie inutile, surtout que mes parents s’étaient tant investis. Mais mon père m’a dit : ‘L’échec n’est pas la fin, c’est une leçon’. Je compte reprendre. »
Junior Mahuno, 20 ans (Panzi) :
« J’étais sûr de réussir, mais les résultats m’ont surpris. J’ai même pensé à abandonner. Mais mon oncle, lui-même ancien redoublant, m’a encouragé à recommencer. Il est aujourd’hui professeur.
Rachel Andema, 19 ans (Cimpunda) :
« Je me sens mal de voir mes amis fêter alors que je me cache. Mais j’ai reçu beaucoup de messages de soutien. Je me rends compte que je ne suis pas seule.
Joël Miruho, 17 ans (Ibanda) :
« Je suis tombé malade pendant les épreuves. Mon échec était prévisible. Je prends cela comme un accident, pas une fatalité. Je veux mieux me préparer et revenir plus fort. »
Malgré la douleur, plusieurs jeunes affichent une étonnante force intérieure. Ils refusent de laisser un échec scolaire définir leur avenir. Ces histoires inspirent une leçon de courage.
Selon l’UNICEF, l’accompagnement psychologique des jeunes après un échec scolaire est crucial. « Il faut éviter les jugements et encourager le dialogue en famille », note un rapport sur l’éducation en milieu post-conflit. Des associations comme Caritas Bukavu ou AJCPD œuvrent pour la réinsertion scolaire et la sensibilisation sur le droit à l’échec.
L’échec à l’examen d’État est douloureux, mais il ne doit jamais être vu comme une fin. C’est une occasion de se relever, d’apprendre, et de rebâtir son chemin. À Bukavu, malgré les déceptions, les jeunes continuent de croire qu’une autre chance est possible.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
