
À Bukavu, comme dans d’autres coins de la RDC, la rentrée scolaire rime souvent avec excitation et espoir. Mais pour de nombreux enfants déplacés internes, fuyant les conflits armés ou les catastrophes naturelles, ce moment reste profondément marqué par l’incertitude.
Sans logement stable, sans fournitures scolaires, parfois même sans encadrement familial, ces enfants font face à de multiples obstacles pour retrouver les bancs de l’école.
Merveille, 12 ans, déplacée de Masisi, confie:
« Quand nous avons fui, j’ai tout laissé derrière moi : mes cahiers, mes habits… Ici à Bukavu, je dors chez ma tante, mais elle a déjà ses enfants. J’aimerais retourner à l’école, mais je n’ai même pas un stylo. »
Fabrice Agisha, 14 ans, originaire de Minova, partage une expérience douloureuse :
« À l’école, certains me regardent comme un étranger. Je retiens mes larmes. Je me dis que si j’étudie bien, peut-être qu’un jour je pourrai aider ma famille à retourner chez nous. »
Jonathan Mbilizi, 14 ans, déplacé depuis un an, résume son souhait avec simplicité :
« Avant, je voulais devenir médecin. Maintenant, je veux juste finir l’année scolaire sans devoir fuir encore une fois.»
Ces témoignages reflètent la résilience remarquable d’enfants qui, malgré les traumatismes, la précarité et les ruptures familiales, gardent vivante leur soif d’apprendre. Mais leur parcours éducatif reste fragile, menacé par l’instabilité et le manque de moyens.
D’après l’UNICEF, plus de 1,5 million d’enfants déplacés en RDC ont vu leur éducation interrompue ces dernières années.
Alors que la rentrée scolaire se poursuit, les enfants déplacés de Bukavu s’accrochent à un droit fondamental : l’accès à l’éducation. Pour leur offrir une chance réelle d’avenir, les efforts conjoints des autorités, des familles d’accueil, des écoles et des organisations sont plus que jamais nécessaires. Car derrière chaque enfant déplacé, il y a un rêve et un avenir à reconstruire.
Ernest Muhero, rédacteur et éditeur responsable à Watoto News
