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L’usage croissant des outils numériques chez les enfants à Bukavu est à la fois une source d’opportunités et de préoccupations. Smartphones, réseaux sociaux, jeux en ligne : ces espaces attirent de plus en plus les jeunes, mais sans encadrement, ils deviennent des terrains de menaces invisibles.

Si pour beaucoup, Internet est un lieu d’amusement ou d’apprentissage, il peut aussi être un espace où la vie privée des enfants est mise à mal. Partages non consentis de vidéos, exposition aux inconnus, collecte abusive de données ou encore harcèlement en ligne sont autant de réalités que vivent de nombreux jeunes.

Chantal, 13 ans, se souvient : « Un jour, j’ai partagé une vidéo drôle avec une amie. Elle l’a mise sur TikTok sans me dire. Après, plusieurs garçons m’ont écrit, certains ont même insulté. J’ai eu peur. »
Pour Junior, 15 ans, l’innocence numérique a eu un prix : « Je joue souvent en ligne. Une fois, quelqu’un m’a demandé mes informations personnelles. Je lui ai donné sans réfléchir. Après, mon compte a été piraté. »

Quant à Divine, 12 ans, elle regrette le manque de contrôle sur son image : « Mon grand frère prend souvent des photos de moi pour les mettre sur Facebook. Mais moi, je n’aime pas ça. Des gens que je ne connais pas commentent mes photos. »

Avis des spécialistes

Marie-Claire Bahati, psychologue pour enfants:
« Lorsqu’un enfant se sent exposé en ligne, cela affecte sa sécurité émotionnelle. Il peut devenir anxieux, renfermé, ou être harcelé. Le manque d’encadrement est alarmant. »

John Kamanzi, chargé de protection à une ONG locale: « À Bukavu, nous avons documenté des cas où des enfants ont été contactés en ligne par des adultes malveillants. Le danger est réel. Il faut des mesures concrètes de cybersécurité. »

Les spécialistes s’accordent sur un point : la protection des enfants dans l’environnement numérique nécessite une action urgente. Il ne suffit pas d’offrir l’accès à Internet ; il faut aussi éduquer, encadrer et réguler. Une coordination entre parents, éducateurs, autorités et médias est indispensable.

À Bukavu, les technologies numériques sont devenues incontournables, mais elles posent de réels défis pour la vie privée des enfants. Pour éviter que ces outils deviennent des sources de traumatisme ou de manipulation, il faut bâtir une culture de sécurité numérique adaptée à leur âge, et renforcer la législation existante. Protéger la vie privée des enfants, c’est protéger leur dignité, leur santé mentale et leur avenir.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

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