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À Bukavu, 25 journalistes des médias en ligne ont pris part à un atelier de renforcement des capacités axé sur deux concepts essentiels pour une couverture responsable en contexte de crise : le journalisme sensible aux conflits et le reportage sensible aux conflits.

Le journalisme sensible aux conflits invite à adopter une posture éthique, réfléchie et prudente dans le traitement de l’information. Il s’agit d’éviter de raviver les tensions, de contrer les discours haineux et de minimiser les risques d’escalade liés à la désinformation. Cela exige une lecture fine du contexte, une vérification rigoureuse des faits et un effort constant pour produire des récits équilibrés, impartiaux et respectueux des dynamiques locales.

Le reportage sensible aux conflits, quant à lui, s’attache à la manière concrète de relater les faits : choix des mots, des images, gestion des témoignages…chaque détail compte. Il vise à protéger les sources, à éviter de stigmatiser les victimes et à donner une voix aux communautés touchées sans renforcer leur vulnérabilité.

Parmi les participants , Aksanti Justin, journaliste de la radio Mugote d’Idjwi,a exprimé sa satisfaction :
« Cette formation m’a aidé à comprendre que mes mots peuvent soit attiser les tensions, soit calmer les esprits. En tant que journaliste évoluant dans une zone sensible, je mesure désormais l’impact de chaque reportage que je fais. Je compte appliquer ces notions dès mon retour à Idjwi. »

Il ajoute :
« Ce que j’ai trouvé le plus pertinent, c’est l’importance de contextualiser les faits avant de publier. Un article peut aggraver un conflit sans que le journaliste ne s’en rende compte. Nous devons être vigilants. »

Pour Gédéon Maele, journaliste à la Radio Communautaire de Bunyakiri,cette formation a été révélatrice :
« J’ai retenu que le journalisme en contexte de conflit demande du recul, de l’écoute et une grande responsabilité. La régulation ne vient pas que de l’État, mais aussi de notre propre conscience professionnelle. »

Il recommande que ces formations soient décentralisées :
« Il serait utile d’organiser ces ateliers dans des territoires enclavés où les journalistes sont souvent oubliés, alors qu’ils sont confrontés directement à des zones de conflit. »

Les participants ont exploré les différentes phases d’un conflit escalade, blocage, désescalade et discuté du rôle potentiellement pacificateur des médias. Ils ont également intégré les trois objectifs clés du journalisme sensible aux conflits : ne pas créer de conflit, atténuer les tensions, et contribuer à leur résolution.

Par cette approche, les journalistes sont appelés à devenir des acteurs de paix, en choisissant une information qui éclaire sans diviser, qui informe sans blesser, et qui contribue à construire une société plus apaisée et résiliente.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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