
Dans les marchés populaires de Bukavu comme Kadutu ou Bagira, toutes sortes de médicaments sont vendus à bas prix : sirops pour enfants, antibiotiques, comprimés non identifiés. Pourtant, ces produits sont souvent écoulés sans ordonnance, ni contrôle médical, mettant en danger la santé voire la vie des enfants.
On les retrouve à même le sol, exposés au soleil et à la poussière, dans des petits stands ou sur des bâches. Les vendeurs, souvent sans aucune formation médicale, cherchent simplement à survivre, sans mesurer les risques qu’ils font courir à des milliers de personnes.
Madame Furaha, mère de trois enfants, témoigne :
« J’achète au marché parce que c’est moins cher. Mais mon fils a fait une crise après un sirop expiré. Je regrette. »
Jean-Baptiste, vendeur à Kadutu, justifie : « Les gens n’ont pas d’argent pour aller à la pharmacie. Moi, je vends ce que j’ai, c’est pour survivre. »
Mais les médecins, eux, alertent. Au centre de santé SOS, les cas d’intoxication médicamenteuse chez les enfants augmentent.
Dr Blandine Bahindwa explique : « Ces produits détruisent le foie, les reins… et parfois causent la mort. Les enfants paient le prix de l’ignorance et de la misère. »
La vente de médicaments dans la rue est bien plus qu’un simple commerce informel : c’est une menace réelle pour la santé publique. Et à Bukavu, ce fléau est devenu quotidien.
Protéger les enfants, c’est la responsabilité de tous : parents, vendeurs, autorités. Ensemble, disons non aux médicaments sans contrôle. La santé des enfants n’a pas de prix.
Alliance Birhange volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud Kivu
