
Dans plusieurs établissements scolaires de la République Démocratique du Congo, les enfants vivant avec des handicaps héréditaires subissent encore stigmatisation, moqueries et marginalisation. Bien que ces enfants aient les mêmes droits et aspirations que les autres apprendre, jouer, rêver leur différence génétique devient souvent un motif d’exclusion silencieuse.
Ces handicaps, tels que la dystrophie musculaire (une maladie héréditaire qui affaiblit progressivement les muscles) ou certains syndromes génétiques rares, affectent leur mobilité, leur autonomie ou leur comportement. Pourtant, c’est souvent le regard de l’entourage scolaire qui pèse le plus lourd.
Sarah Mwanabute,11 ans, habitante de Bukavu et atteinte de dystrophie musculaire, raconte :
« En classe, je suis la seule qui a besoin d’aide pour écrire. Les autres me regardent bizarrement, certains disent que je fais semblant. »
À Lubumbashi, Marius Bugambo, 13 ans, atteint d’un syndrome génétique rare, témoigne :
« J’ai été retiré d’un groupe de théâtre scolaire parce que les professeurs pensaient que je ne pouvais pas suivre. »
Ces récits illustrent une forme de violence invisible : la stigmatisation. Elle nuit profondément à l’estime de soi des enfants et compromet leur développement émotionnel, social et éducatif.
Pasteur Hilaire Moke, conseiller jeunesse, s’indigne :
« Chaque enfant est un projet de Dieu, handicap ou pas. Ce que l’école fait subir à ces enfants est inacceptable. »
Esther Mukendi, mère d’un enfant porteur de handicap, ajoute :
« On oublie que ces enfants sont aussi des élèves. Ils veulent apprendre, jouer, rêver… »
Le Professeur Jean-Pierre Kalonda, spécialiste en inclusion scolaire, alerte :
« Tant que l’on ne formera pas les enseignants à l’inclusion, les enfants porteurs de handicaps resteront à la marge. »
Au-delà de l’accès physique à l’école, il est urgent de garantir une inclusion réelle, affective et pédagogique pour tous les enfants. Sans cette volonté collective, les droits de ces enfants resteront théoriques.
Tant que le handicap sera perçu comme une faiblesse au lieu d’une diversité, tant que l’école n’apprendra pas à accueillir toutes les différences, des milliers d’enfants continueront à rêver d’une classe où ils ne seront plus jugés… mais simplement considérés comme des élèves à part entière.
Louise bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes
