0 3 minutes 9 mois

À Bukavu, comme dans d’autres régions de la République démocratique du Congo, des milliers d’enfants vivent en situation de déplacement interne, fuyant les conflits armés, les violences communautaires ou les catastrophes naturelles. S’ils ne franchissent pas les frontières, ces enfants sont pourtant déracinés de tout : foyer, école, soins, sécurité.

Ils deviennent invisibles. Invisibles aux yeux des autorités, mais aussi des dispositifs d’aide humanitaire souvent centrés sur les réfugiés.

Moïse, 13 ans, Chantal, 12 ans, Patient, 10 ans, Clarisse, 15 ans…Tous racontent la peur, l’instabilité, l’absence d’accès aux soins, à l’éducation ou à une protection adéquate.

Dans les camps ou les quartiers d’accueil improvisés, ils survivent dans des conditions précaires, souvent exposés aux abus, à la malnutrition ou aux maladies. Leur quotidien, c’est l’errance et l’oubli.

Face à cette situation critique, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une réponse humanitaire plus inclusive, centrée sur les besoins spécifiques des enfants déplacés internes. Des initiatives locales, parfois menées par des ONG ou des groupes communautaires, tentent d’apporter un soutien ponctuel : distribution de vivres, prise en charge médicale, soutien scolaire. Mais ces efforts restent insuffisants, faute de moyens durables et d’un cadre institutionnel clair.

Les spécialistes insistent sur l’importance de documenter ces enfants, de leur fournir une identité légale, afin qu’ils puissent accéder à leurs droits comme tous les autres. Sans reconnaissance officielle, ces enfants resteront en marge de tous les systèmes scolaire, sanitaire, juridique.

Aucun enfant ne doit grandir sans éducation, sans soins, ni sans protection, simplement parce qu’il a fui la guerre ou la misère. Leur avenir et celui du pays dépend de l’attention urgente que nous leur accordons aujourd’hui.
Investir dans la protection des enfants déplacés, c’est investir dans une paix durable.

Louise bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.