
À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel célébrée du 1er au 7 août, des professionnels de santé à Goma, dans la province du Nord-Kivu, appellent à une mobilisation collective en faveur de l’allaitement exclusif, encore trop souvent négligé ou mal compris.
Grâce Katembo infirmière titulaire du centre de santé Uzima, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences d’un allaitement mal pratiqué :
« Trop d’enfants arrivent en consultation avec des infections, une malnutrition aiguë ou des troubles digestifs, simplement parce qu’ils n’ont pas été allaités de manière adéquate, le lait maternel est irremplaçable, surtout durant les six premiers mois. »
Selon elle, le lait maternel apporte tous les éléments nutritifs et immunitaires nécessaires à la croissance du nourrisson, tout en favorisant un lien affectif solide entre la mère et son bébé.
Pourtant, plusieurs mères abandonnent rapidement l’allaitement ou le combinent trop tôt avec des laits inadaptés.
« Ce qu’on observe, c’est que beaucoup de femmes, parfois par manque d’information ou à cause de la pression familiale, se tournent vers des laits industriels trop tôt. Cela expose les bébés à des risques graves, surtout dans un contexte de précarité où l’eau n’est pas toujours potable », ajoute-t-elle.
Le médecin évoque aussi les avantages pour la mère: prévention de certains cancers, meilleure récupération post-accouchement, espacement naturel des naissances.
Face à ces constats,l’infirmière Grâce, appelle les autorités, les médias et les églises à s’impliquer davantage dans la sensibilisation communautaire : « Allaiter n’est pas seulement un choix personnel, c’est une responsabilité collective. La société doit protéger ce droit. »
À Goma, quelques centres organisent déjà des séances d’éducation pour les jeunes mamans, mais le besoin reste immense.
Encourager l’allaitement maternel, c’est sauver des vies, réduire la pauvreté sanitaire et bâtir une génération plus forte.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
