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Dans plusieurs foyers de Bukavu et d’ailleurs, l’absence répétée des parents pour des raisons professionnelles devient une réalité pesante pour les enfants. Entre longues journées sans dialogue, solitude affective et besoin de repères, de nombreux enfants grandissent sans présence constante de leurs figures parentales. Cette situation soulève des questions importantes sur le bien-être émotionnel de l’enfant et le rôle fondamental des parents dans son développement.

Josué Akonkwa, 10 ans:
« Papa rentre souvent tard. Parfois, je dors avant qu’il arrive. Maman aussi travaille jusqu’à 18 heures. Je reste seul avec ma sœur, on fait nos devoirs sans aide. J’aimerais juste parler avec eux le soir. »

Divine Bugoye, 13 ans:
« Mes deux parents sont commerçants. Je passe toute la journée avec ma petite cousine. Quand je pleure ou que je suis triste, il n’y a personne pour m’écouter. Je me sens oubliée. »

Marvin Yangi, 9 ans:
« Quand je rentre de l’école, la maison est vide. Je regarde la télé tout seul. Je préfère quand on passe le week-end ensemble, mais c’est rare. »

Yvette Nyakasa, 11 ans:
« Je me débrouille moi-même pour manger et m’endormir. Maman est ménagère en ville, elle part très tôt. Parfois je reste toute une journée sans lui parler. »

Ces témoignages montrent un vide affectif important chez ces enfants. L’absence physique des parents, bien que justifiée par le travail, crée une distance émotionnelle. L’enfant, dans sa construction, a besoin de présence, d’écoute, de gestes simples d’amour au quotidien.

Avis des spécialistes

Psychologue social, Dr M. Kadima: « Un enfant privé de contact parental constant développe parfois des troubles d’attachement, une baisse de confiance en soi et des sentiments d’abandon. »

Pédiatre Dr B. Ngoy: « La présence affective est aussi importante que l’alimentation ou les soins médicaux. Un enfant écouté se sent en sécurité. »

Enseignante en psychologie de l’enfance, Mme L. Mushi « L’école n’a pas pour vocation de remplacer la relation parent-enfant. L’absence prolongée peut affecter les résultats scolaires. »

Assistante sociale, Mme Chantal B: « On observe que les enfants livrés à eux-mêmes deviennent plus exposés aux mauvaises fréquentations ou à l’isolement. »

Animateur d’enfants, Didier M: « Même 20 minutes de qualité par jour peuvent faire une grande différence. C’est la qualité, pas juste la quantité du temps. »

Thérapeute familiale, Dr Grâce T:
« Le lien émotionnel se nourrit par de petits gestes quotidiens : écouter, regarder l’enfant dans les yeux, jouer avec lui… sans cela, l’enfant se sent invisible. »

Les experts s’accordent à dire que l’absence parentale constante, même motivée par le travail, doit être compensée par des efforts concrets pour maintenir une connexion émotionnelle. Il ne suffit pas de subvenir aux besoins matériels : la chaleur humaine est indispensable.

Les enfants ne demandent pas des choses extraordinaires : juste de la présence, de l’écoute et de l’attention. Dans un monde où les exigences professionnelles éloignent souvent les parents, il devient urgent de repenser l’équilibre entre travail et vie familiale. Car un enfant écouté est un enfant qui grandit en paix.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes

Auteur/autrice

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