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Poser des questions fait partie de la manière naturelle dont les enfants apprennent, découvrent le monde, expriment leurs doutes et construisent leur pensée. Pourtant, dans beaucoup d’environnements, les enfants sont réprimandés ou ridiculisés lorsqu’ils posent des questions, surtout lorsqu’elles touchent des sujets considérés comme « sensibles » ou « réservés aux adultes ». Cela freine leur curiosité, bloque leur confiance en eux et viole leur droit fondamental à la liberté d’expression.

Naomie Burasa 11 ans:
« Une fois, j’ai demandé à ma tante pourquoi certaines filles se marient très jeunes. Elle m’a dit que je posais des questions de grande et m’a grondée. Depuis ce jour, j’ai peur de poser des questions. »

Jordan Murabazi 13 ans:
« En classe, j’ai demandé au prof pourquoi les garçons ne peuvent pas pleurer. Tout le monde a rigolé, même le prof. J’étais humilié. Je n’ai plus jamais posé de question. »

Lydie Mparanyi 12 ans:
« À la maison, j’ai posé une question sur la grossesse. Ma maman m’a tapée et m’a dit que je devais me taire. Mais j’étais juste curieuse, je voulais comprendre. »

Luc Kalos 10 ans:
« Moi j’ai demandé pourquoi on ne mangeait pas certains jours, mon oncle m’a dit que je parlais trop. Je n’ai pas compris ce que j’ai mal fait. Pourtant j’avais juste faim et je voulais savoir. »

Ces témoignages montrent que de nombreux enfants vivent la répression de leur curiosité comme une douleur. Lorsqu’un enfant est empêché de poser des questions, c’est toute sa soif de connaissance et sa confiance en lui qui sont menacées. Cela crée un climat de peur et de silence qui empêche le développement libre de sa pensée.

Avis des spécialistes

Mme Daphné K., psychopédagogue:
« Lorsqu’un enfant pose une question, il faut voir cela comme un signe d’intelligence, pas d’insolence. Même les sujets délicats peuvent être abordés avec des mots simples et adaptés à leur âge. »

M. Fabrice L., enseignant en secondaire :
« Répondre aux questions des enfants construit leur esprit critique. Réprimer leurs interrogations, c’est leur dire indirectement que leurs pensées ne valent rien. »

Mme Agnès N., sociologue de l’enfance:
« Beaucoup d’adultes répriment les questions des enfants parce qu’ils n’ont pas appris eux-mêmes à parler librement. Il faut casser ce cycle de silence. »

M. Jérôme M., défenseur des droits de l’enfantant :
« La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît le droit à la liberté d’expression. Cela inclut le droit de poser des questions et d’être pris au sérieux. »

Mme Clarisse T., animatrice d’ateliers pour enfants :
« Quand un enfant pose une question, c’est une porte qu’il ouvre. À nous de ne pas la claquer. Chaque question est une occasion d’enseigner et de dialoguer. »

M. David C., psychologue clinicien:
« Les enfants qui ne posent plus de questions grandissent dans la confusion. Plus ils se taisent, plus leur monde intérieur devient fragile. Il faut les encourager, pas les punir. »

Les spécialistes s’accordent sur l’importance de respecter et de valoriser la parole des enfants, même lorsqu’elle dérange. Poser une question, c’est vouloir comprendre, c’est chercher à grandir. Les adultes ont la responsabilité d’accompagner cette curiosité, pas de l’étouffer.

Chaque enfant a le droit de poser des questions, quel que soit son âge. Répondre avec bienveillance, même quand on ne sait pas tout, est une preuve de respect. Il est temps de construire une culture de l’écoute et du dialogue avec les enfants, car c’est en posant des questions qu’ils deviennent les citoyens éclairés de demain.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

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