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À Bukavu, de nombreux enfants grandissent dans des foyers dépourvus de livres scolaires, de contes, de journaux ou même de bibles pour enfants. Cette réalité, souvent négligée, constitue une entrave sérieuse à leur droit fondamental à l’éducation. Sans matériel de lecture à la maison, ces enfants perdent l’occasion d’apprendre en dehors de la classe, de développer leur imagination et d’enrichir leur vocabulaire. Ce manque n’est pas seulement matériel : il représente une barrière silencieuse au progrès éducatif.

Esther Fibe, 11 ans :
« Je n’ai jamais eu un livre à moi. Même pour faire les devoirs, je dois attendre que mon frère revienne avec son cahier. J’aimerais lire des histoires, mais on n’en a pas. »

Samuel August, 13 ans :
« À la maison, on n’a même pas un seul dictionnaire. Quand je ne comprends pas un mot, je dois attendre le lendemain pour demander au prof. »

Clarisse Buhendwa, 10 ans :
« J’ai vu un livre de contes chez une amie. Elle lit chaque soir avec sa maman. Moi, je regarde juste les murs quand je finis mes devoirs. »

David Irenge, 12 ans :
« Mes parents disent que les livres sont chers. Même mes cahiers d’école, je les réutilise. Je n’ai rien pour réviser à la maison. »

Ces témoignages illustrent que le manque de livres à domicile freine non seulement l’apprentissage, mais limite aussi l’ouverture au monde. Il creuse un fossé entre les enfants qui lisent chez eux et ceux qui dépendent exclusivement de l’école.

Points de vue des spécialistes

Mme Jeanne Mukeba, éducatrice :
« Lire à la maison renforce ce qui est appris en classe. Sans livres, l’enfant oublie plus vite et développe moins son autonomie. »

M. David Ntwali, bibliothécaire :
« Un enfant sans livre est comme un jardin sans eau. La lecture stimule la curiosité, la créativité et la mémoire. »

Sœur Denise Kavugho, enseignante :
« L’absence de livres est l’un des facteurs cachés de l’échec scolaire. Même les meilleurs élèves décrochent sans soutien à domicile. »

Dr Pascal Bahati, pédiatre :
« Lire améliore le développement du cerveau. Les enfants lecteurs ont souvent de meilleures compétences en communication. »

Mme Clarisse Kambere, psychologue scolaire :
« Certains enfants perdent confiance en eux, car ils sentent qu’ils sont toujours “en retard” par rapport aux autres. »

M. Luc Kalonda, spécialiste en éducation :
« Offrir un livre, c’est ouvrir une fenêtre sur le monde. Les foyers doivent intégrer la lecture dans la vie quotidienne des enfants. »

L’absence de livres à la maison nuit directement au développement intellectuel des enfants. Ce problème est encore aggravé par la pauvreté et le manque d’accès à des bibliothèques communautaires.

Lire n’est pas un luxe, c’est un droit. Tous les enfants méritent d’avoir accès à des livres, des histoires et des connaissances. Encourager la lecture à domicile, même avec peu de moyens, est un véritable investissement pour l’avenir des enfants et de toute la société.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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